Le projet de loi de finances rectificative pour 2026 prévoit une hausse de 65 milliards de FCFA des recettes attendues de la Direction générale des douanes. Pour soutenir cette progression de 7,4 %, le gouvernement mise sur deux leviers : la restructuration du circuit d’importation du riz et l’interconnexion des bases de données fiscales et douanières. Une stratégie qui s’appuie sur les performances récentes de la régie financière, tout en posant la question de l’efficacité opérationnelle de ces nouvelles mesures.
La révision budgétaire engagée par l’État béninois n’est pas sans compter sur la capacité des administrations financières à mobiliser davantage de ressources internes. Au cœur de cette nouvelle projection figure la Direction générale des douanes (DGD), appelée à fournir un effort supplémentaire de 65 milliards de FCFA par rapport aux prévisions initiales. Selon la note de présentation du projet de loi de finances rectificative (PLFR), adopté le 3 juin 2026 en Conseil des ministres, les recettes brutes attendues de la DGD passent de 882,4 milliards à 947,4 milliards de FCFA. Cette progression constitue la plus forte révision enregistrée parmi les régies financières de l’État. Le premier pilier de cette ambition réside dans la réorganisation du dédouanement du riz destiné à la consommation nationale. Désormais, les opérateurs devront obtenir une autorisation annuelle préalable, sous réserve du respect de plusieurs conditions administratives, fiscales et sociales. Le nouveau dispositif impose notamment aux importateurs d’être installés au Bénin depuis au moins trois ans, de disposer d’un Identifiant Fiscal Unique (IFU) valide et d’être à jour de leurs obligations. Les entreprises concernées devront également déposer une caution minimale d’un milliard de FCFA sur un compte dédié du Trésor public. À travers cette réforme, l’exécutif entend mieux encadrer la filière riz, souvent marquée par la sous-déclaration et l’informalité, tout en sécurisant les recettes qui en sont issues.
Le numérique au service du contrôle
La seconde réforme repose sur l’interconnexion des systèmes d’information de la DGD et de la Direction générale des impôts (DGI). Grâce au croisement automatisé des données via l’Identifiant Fiscal Unique, les administrations pourront détecter plus efficacement les incohérences entre les activités déclarées et les flux commerciaux observés. Cette approche prolonge les efforts de modernisation engagés ces dernières années. En 2025, malgré la fermeture prolongée de la frontière nigérienne et les fluctuations du naira, la DGD avait mobilisé 861,2 milliards de FCFA, dépassant ses objectifs initiaux.
L’optimisme exprimé dans le collectif budgétaire devra toutefois être conforté par les résultats du second semestre. La réforme du riz reste récente et son efficacité dépendra de la capacité des opérateurs à satisfaire aux nouvelles exigences, ainsi que de la rigueur des contrôles sur le terrain. Quant à l’échange automatisé des données fiscales et douanières, sa réussite passera par une coopération renforcée entre les administrations et une exploitation optimale des outils numériques déployés.
Par S.T.

