Le Programme intégré de développement et d’adaptation aux changements climatiques dans le bassin du Niger (Pidacc/Bn) enregistre des avancées notables au Bénin. Malgré des lenteurs administratives, les résultats sur le terrain et les perspectives pour 2026 laissent entrevoir une relance durable du projet.
Le Programme intégré de développement et d’adaptation aux changements climatiques dans le bassin du Niger (Pidacc/Bn) connaît des progrès tangibles au Bénin, bien que des lenteurs administratives persistent. Selon le Rapport sur l’état d’exécution et sur les résultats (Eer) publié par la Banque africaine de développement (Bad), partenaire financier du projet, on note une amélioration dans la mise en œuvre des activités et une avancée significative dans les procédures de passation des marchés grâce au suivi proactif de l’unité de coordination. Les audits financiers, d’acquisition et de performance environnementale couvrant la période 2020-2023 ont été réalisés, tandis que celui de 2024 est en cours de finalisation. Le document, préparé par Moussa Mahamane, chargé de projet à la Bad, souligne que les objectifs de développement demeurent pertinents et que la performance du pays est jugée « satisfaisante ».
Sur le terrain, le rapport fait état de 2 160 hectares de terres reboisées, de 24 kilomètres de couloirs de passage pour le bétail et de 225 mètres cubes de ravins traités. Dans le nord du pays, notamment dans la forêt classée de l’Alibori supérieur et la rôneraie de Goroubi, 400 hectares ont été restaurés. Les principaux outils de gestion, tels que le Plan directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (Pdage), le Cadre de gestion environnementale et sociale (Cges) et le manuel de sous-projets, ont été finalisés. Ces acquis constituent, selon la mission de supervision, « des paramètres permettant d’être optimiste quant à l’atteinte des objectifs ».
Inclusion et renforcement des capacités
Le rapport met en lumière les efforts pour impliquer les communautés locales, notamment les femmes et les jeunes. Au moins 580 producteurs et productrices ont été formés aux bonnes pratiques agricoles et à la gestion fourragère. Parmi eux, 174 femmes bénéficient d’un appui direct pour adopter des techniques d’agriculture intelligente face au climat. Le programme a aussi permis la création de 165 emplois directs, dont 36 pour des jeunes femmes rurales. Ces actions devraient s’amplifier avec le démarrage effectif des travaux prévu en 2026 et la mise en place de microentreprises vertes dans les zones rurales.
Les études techniques relatives aux infrastructures hydrauliques et socioéconomiques sont achevées. Les rapports d’évaluation environnementale (Eies) des futures retenues d’eau, digues et installations halieutiques sont en examen à la Bad. Les entreprises chargées de la construction de cinq magasins de stockage et de la fourniture d’équipements à 51 groupes vulnérables ont été présélectionnées. Un cabinet a aussi été recruté pour élaborer treize plans communautaires d’adaptation au changement climatique, préparant la phase d’investissement prévue pour 2026.
Mis en œuvre dans plusieurs pays du bassin du Niger sous la coordination de l’Autorité du Bassin du Niger (Abn), le Pidacc vise à renforcer la résilience des écosystèmes et des populations rurales face aux effets du changement climatique.
Défis persistants, mais perspectives prometteuses
Le financement total du Pidacc/Bn s’élève à 12,49 millions d’unités de compte, soit près de 10 milliards F Cfa, mobilisés auprès de la Bad, du Fonds vert pour le climat et de l’Union européenne. Quatre accords de financement sont en vigueur, les premiers décaissements ayant débuté entre 2019 et 2022. Toutefois, au 31 août 2025, seuls 18 % des fonds avaient été décaissés, en raison de retards dans la passation des marchés et la validation des instruments environnementaux et sociaux.
Les défis identifiés concernent la lenteur administrative, la suspension ponctuelle des décaissements et la faible performance opérationnelle de l’unité nationale de coordination. Pour y remédier, la Banque et le gouvernement ont convenu d’accélérer la validation des instruments environnementaux, de réviser le rapport d’audit 2024 et de renforcer les capacités de gestion avant la fin de l’année. Ces mesures devraient relancer la dynamique d’exécution dès le dernier trimestre de 2025.
« Le projet reprendra un rythme d’exécution satisfaisant qui aura un impact direct sur le taux de décaissement d’ici fin 2025 », souligne la mission de supervision. L’année 2026 marquera ainsi une étape clé pour le Bénin, avec le démarrage des grands travaux et la consolidation des acquis communautaires.
Par Aké MIDA

