Le Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC), projet initié par le Gouvernement du Président Patrice TALON et dont le coût de réalisation estimé à 264 milliards FCFA, a pour ambition première de sortir définitivement la ville de Cotonou de l’inondation, à travers la construction de collecteurs d’assainissement pluvial et d’aménagement de voies connexes. La mise en œuvre de Cet ambitieux programme limite déjà les dégâts collatéraux liés aux inondations saisonnières dans les villes de Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Bohicon, Abomey, Ouidah, Sèmè-Kpodji, Parakou et Natitingou et permettant à terme, entre autres, de réduire la prévalence aux maladies hydriques dues à la pluviométrie.
La transformation en cours du quartier Missèbo, très inondable en période de pluie diluvienne, force l’admiration. Les riverains de ce quartier auront moins d’ennuis lors de la prochaine saison des pluies. Le soulagement et la joie se lisent sur le visage des habitants qui vivent désormais dans un environnement propre. À terme, le PAPC viendra soulager les 34 bassins versants sur les 50 dont dispose la ville de Cotonou et qui ont montré leurs limites pour ce qui est de la capacité de drainage des eaux de pluie. Le projet permettra également de doter Cotonou de 46 km de caniveaux et de grands collecteurs, ainsi que 90 km de caniveau de taille moyenne. Il faut préciser que Cotonou dispose de 305 km d’ouvrages d’assainissement.
Le PAPC apporte en trois ans 146 km, soit presque 50% de ce qui a été réalisé depuis 1960. Pour le Bassin « S » dont les ouvrages démarrent du carrefour SOBEBRA pour drainer les eaux pluviales jusqu’au pont de Dantokpa, les travaux sont confiés à l’entreprise Ofmas Internationale sous financement de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Le cahier de charges consiste à curer les caniveaux existants, à augmenter leur capacité hydraulique pour mieux drainer les eaux. Démarrés en février 2022, les travaux qui sont à 13% du taux d’exécution sont prévus pour durer 18 mois. Le Bassin « PA3 » situé au quartier Vèdoko, derrière les installations de la Communauté Électrique du Bénin (CEB) est un des bras du bassin « P », l’un des plus importants de la ville de Cotonou qui couvre environs 800 hectares.
Cette partie du projet est financée par la Banque Mondiale. Elle consiste à construire un bassin de rétention d’une capacité de 105.000 mètres cubes d’eau. Un aménagement, ainsi que le pavage de toutes les rues de la zone, soit 6 km de rues en cours de réalisation. Le but étant de mettre en place des bras de collecteurs pour capter et drainer les eaux de pluie vers le bassin de rétention. Les travaux confiés à l’entreprise HNRB et contrôlés par SCET TUNISIE et ACEP / LINER ENVIRONNEMENT, sont prévus pour 18 mois avec un taux d’exécution de 17%.
La finalité de la réalisation des ouvrages est de parvenir à assainir les zones desservies en toute saison, contribuer à la réduction du phénomène d’inondation et ainsi faciliter la circulation des personnes et des biens. L’assainissement contribuera également à l’amélioration des conditions de vie et la santé des populations. L’aménagement des déviations permettra de réduire les risques d’accidents et facilitera l’accès aux habitations pour les usagers.
La pose des pavés et l’installation des bancs publics permettront une meilleure circulation des personnes et des biens, créeront un lieu de réconfort autour ou le long des sous-bassins. L’on notera également l’augmentation du trafic sur les voies aménagées ; la suppression de l’érosion au niveau des voies. Le curage et la purge de l’exutoire du collecteur Qc (38 435 m3 ) a pour impacts positifs l’augmentation du volume d’eau dans le sous-bassin entraînant du coup un bon drainage les eaux en amont, l’assainissement des lieux, la réduction des nuisances odorantes au niveau de l’exutoire.
Altération de la qualité de l’air
Les actions de transport et déchargement des matériaux, la mobilité des équipements et du personnel de chantier et le terrassement, entrainent une augmentation émissions atmosphériques. L’impact dû à l’altération de la qualité de l’air sur les populations se présente avec beaucoup plus d’acuité au niveau des zones habitées et particulièrement en milieu urbain. La circulation des engins et équipements de chantier est également source d’émission de particules de gaz et de fumée dans l’air.
L’aménagement des déviations est source de pollution atmosphérique (altération de la qualité de l’air), avec son cortège de maladies telles que les infections respiratoires aigües ou basses, la conjonctivite, etc. Le décapage et la mise en dépôt, l’aménagement des berges avec du matelas Reno sont aussi sources de pollution de l’air par les poussières (altération de la qualité de l’air) …
Vers l’amélioration des eaux souterraines
La qualité des eaux souterraines et de surface peuvent être polluée par des déversements accidentels d’hydrocarbure provenant des zones d’approvisionnement et d’entretien ou de stationnement d’engin motorisés de chantier ainsi que par les matières fines issues de l’érosion des sols et des terrassements. Le curage et la purge de l’exutoire du collecteur a pour impact l’augmentation de la turbidité de l’eau au niveau du sous-bassin. La qualité et la structure du sol pourrait d’être altérée pendant les travaux de déblai, de décapage, de fouille et de terrassement sur le chantier. Les déversements et les rejets des produits de vidange et de lavage des engins et équipements de chantier dans le milieu (huiles usagées, graisses, hydrocarbures, composés organiques, pièces défectueuses, eau de galvanisation, acide, etc.) peuvent affecter le sol. Le fonctionnement des bases-vie et des chantiers génère toute sorte de déchets.
Projet d’aménagement de l’Avenue de la Marina
C’est un projet de réhabilitation de la voie existante qui est quasiment dégradée par le trafic portuaire alors que cette même route donne accès à la présidence de la république. Ce projet a des interactions avec le Projet d’Assainissement Pluvial de Cotonou au niveau du collecteur enterré qui traverse le camp Guézo et débouche vers le siège de la SONACOP, traverse l’Avenue de la Marina et entre dans le sous-bassin portuaire. Le Projet d’aménagement des berges lagunaires contenu dans le Programme d’Adaptation des Villes aux Changements Climatiques (PAVICC) s’emploie à améliorer la résilience de ces territoires urbains dans l’optique de favoriser un développement urbain durable au Bénin afin d’amenuiser les risques naturels ayant des conséquences sanitaires, sociales et économiques dramatiques pour les populations des villes sub-sahariennes de plus d’un million d’habitants situées en zone côtière. Le PAVICC s’intéresse uniquement au développement urbain avec les questions du changement climatique. Dans la ville de Cotonou, le PAVICC prend en compte deux projets : le Développement et extension du collecteur V2 et l’Aménagement des berges du canal de Cotonou.
Par Belmondo ATIKPO

