Le Sommet régional sur la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale et le Gouvernement du Bénin, s’est ouvert ce lundi 17 novembre 2025. Le Ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale a lancé les travaux en présence des ministres en charge de la digitalisation ainsi que des acteurs de l’écosystème numérique.
Accélérer la digitalisation, réduire la fracture numérique et stimuler l’innovation dans un contexte où seuls 40 % des habitants d’Afrique de l’Ouest et du Centre utilisent Internet malgré une couverture réseau existante : tel est l’objectif poursuivi par les organisateurs en tenant ce sommet régional à Cotonou. À l’occasion du lancement des échanges, la Ministre du Numérique et de la Digitalisation, Aurélie ADAM SOULE épouse ZOUMAROU, a expliqué que « le numérique n’est plus un choix. C’est une obligation économique, sociale et stratégique ». Elle a également souligné qu’il existe une réalité encore plus forte pour nos États : le numérique est aujourd’hui l’un des rares secteurs capables d’absorber l’audace et l’inventivité de notre jeunesse. Il transforme le potentiel en opportunités, le talent en croissance et, parfois même, les rêves en industries.
Dans son intervention, la Ministre est également revenue sur les efforts accomplis par le Bénin dans le domaine du numérique au cours des dernières années. «… La transformation numérique a permis de passer de 19 % de pénétration internet mobile à 75 % en dix ans. Nous avons formé des centaines de milliers de Béninois aux compétences numériques, et nous avons transformé l’inexistence de services publics en ligne en plus de 250 démarches dématérialisées et accessibles à tous sans déplacement. En une décennie, nous sommes passés d’un pays à la traîne en matière de numérique à celui d’un pays qui trace sa route », a déclaré la ministre.
Les défis au développement du numérique en Afrique
Le Vice-Président du Groupe de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane DIAGANA, présent au sommet de Cotonou a évoqué les défis à relever pour les pays africains. Pour lui, « La révolution numérique n’est pas une course en solitaire. C’est une course d’équipe. Si nous courons ensemble avec courage, discipline et ambition, nous ne serons pas simplement des utilisateurs de technologie, mais les architectes du futur, où la technologie accompagne et accélère la transformation du continent. Le groupe de la Banque Mondiale est déterminé à travailler main dans la main avec tous les acteurs pour transformer notre vision commune en résultats concrets d’ici à 2030, bâtir des passerelles entre les générations et faire du numérique un moteur de croissance, d’inclusion, de création d’emplois et d’espoir pour toute la région ».
Avant de lancer les travaux, le Ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale a salué les participants venus à Cotonou, pour réfléchir sur les défis. Pour lui, « la transformation digitale est l’un des moteurs les plus puissants de développement de notre continent. Le numérique est devenu un accélérateur majeur, un levier de compétitivité. D’ici 2050. Il y aura plus de jeunes en Afrique ».
Cotonou, plateforme de travail et de dialogue
Pendant les deux jours, le Sommet de Cotonou constituera une plateforme de travail et de dialogue réunissant décideurs publics, experts techniques, investisseurs privés et partenaires financiers. Ensemble, ils évalueront les progrès réalisés, partageront les bonnes pratiques et mobiliseront de nouveaux engagements pour accélérer la transformation numérique. Au cours des échanges, les participants seront formés aux compétences en intelligence artificielle, un domaine désormais incontournable pour l’économie de demain.
Les enjeux liés à cette thématique seront au cœur des discussions. Parmi les priorités figurent l’extension du haut débit, l’harmonisation des politiques numériques transfrontalières et la promotion d’un Marché Unique du Numérique capable de créer des emplois et de renforcer la compétitivité. L’enjeu est d’autant plus crucial que la numérisation constitue un moteur essentiel de transformation. Les travaux prendront fin ce mardi 18 novembre 2025, avec l’adoption d’une Déclaration commune visant à renforcer les réformes, encourager les investissements privés et bâtir des écosystèmes numériques régionaux durables. Ce sommet de Cotonou se présente ainsi comme un véritable accélérateur pour impulser la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Abdul Wahab ADO

