L’agence Fitch Ratings a relevé, vendredi 16 janvier 2026, la perspective associée à la note souveraine du Bénin de « stable » à « positive », tout en confirmant la notation à long terme en devises étrangères à B+. L’agence salue les solides perspectives de croissance du pays ainsi qu’une discipline budgétaire jugée crédible.
Les analystes de l’agence de notation financière mettent en avant des perspectives de croissance bien supérieures à celles des pays comparables. Après une croissance de 7,5 % en 2025, le PIB réel devrait rester au-dessus de 6,5 % en 2026 et en 2027. Cette performance est nettement supérieure à la médiane des pays notés « B », souligne Fitch.
Ce dynamisme repose sur une croissance jugée « largement diversifiée », portée par l’agriculture, l’industrie, les services et le tourisme, mais aussi par l’activité du port de Cotonou et les grands chantiers d’infrastructures. Selon l’agence, l’économie béninoise a fait preuve de résilience face à plusieurs chocs externes, notamment la fermeture de la frontière avec le Niger et la suppression des subventions sur le carburant au Nigeria.
Autre point positif souligné : la discipline budgétaire. Fitch anticipe un déficit public de 3,1 % du PIB en 2025, conforme à la norme de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce déficit devrait rester globalement stable jusqu’en 2027, les hausses de dépenses, en particulier d’investissement, devant être compensées par une meilleure mobilisation des recettes fiscales, attendues à 15,8 % du PIB à cet horizon.
Cette combinaison de forte croissance et de prudence budgétaire permet d’envisager une baisse progressive de la dette publique, estimée à 51,8 % du PIB en 2025 et appelée à passer sous la barre des 50 % à l’horizon 2027. Fitch met également en avant la structure jugée favorable de cette dette, dont la maturité moyenne atteint 9,3 ans. Elle est composée à 99 % d’instruments à taux fixe et à 57 % de financements concessionnels, avec un taux d’intérêt moyen faible de 3,4 % à fin 2025. Par ailleurs, près de 82 % de l’encours est libellé en francs CFA ou en euros, ce qui limite les risques de refinancement, de taux et de change.
Fitch souligne aussi le niveau élevé des dépôts publics, équivalents à près de 10 % du PIB, qui constituent un important coussin de liquidité permettant à l’État d’absorber des chocs budgétaires et de réduire les risques à court terme sur le service de la dette.
Le contexte régional joue également en faveur du Bénin. L’agence relève le net redressement des réserves de change de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), passées de 16 à 33 milliards de dollars en un an, ce qui réduit les risques de liquidité externe pour les États membres.
Dans son analyse, Fitch identifie néanmoins plusieurs points de fragilité susceptibles de peser sur l’économie béninoise à moyen terme. Avec un revenu par habitant estimé à 1 600 dollars, le pays reste bien en dessous de la médiane des pays notés « B ». L’agence mentionne également le poids important de l’économie informelle ainsi que les risques sécuritaires persistants dans la sous-région.
Par Falco VIGNON

