(“Réduire la dépendance aux importations”, le défi du Bénin)
Lancée depuis 2019 en vue d’engager un élan fédérateur autour de la consommation des produits et services locaux dans la sous région ouest-africaine, l’initiative « Mois du Consommons Local » a enregistré, mercredi 1er octobre 2025 à Ouagadougou, le lancement officiel de la 6ème édition. Placée sous le signe de la valorisation des chaînes de valeur régionales, cette édition met le focus sur la transformation des produits locaux comme levier d’une croissance inclusive et durable.
Sylvestre TCHOMAKOU
Alors que les économies africaines cherchent à renforcer leur souveraineté alimentaire et industrielle, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) fait du « consommer local » un outil de transformation structurelle et de croissance inclusive. Après cinq (05) éditions qui ont impacté divers acteurs, la 6ème édition du « Mois du consommer local », s’est ouverte, mercredi 1ᵉʳ octobre à Ouagadougou, pour l’ensemble des huit (08) États membres, engagés dans la valorisation de leurs ressources et savoir-faire. Avec pour thème « Consommer local, facteur de développement des chaînes de valeur régionales compétitives de l’UEMOA », la nouvelle édition entend aller au-delà de la simple promotion commerciale. Pour le Président de la Commission de l’Uemoa, l’objectif, après les éditions précédentes, est de pouvoir miser sur le potentiel industriel de chaque pays. « Plus qu’un simple événement commercial, le mois du consommer local est un rendez-vous annuel de réflexion sur notre modèle de développement économique, ainsi que sur les voies de la transformation structurelle des économies et des États membres de notre Union », a expliqué Abdoulaye Diop. Saisissant l’occasion, il a insisté sur la nécessité de bâtir des chaînes de valeur intégrées et compétitives, capables de créer des emplois durables et d’offrir des débouchés économiques aux jeunes et aux femmes. « Consommer local aujourd’hui, c’est investir dans l’emploi de demain, c’est soutenir l’innovation des entreprises et renforcer la souveraineté économique de notre Union », va-t-il poursuivre.
Pour sa part, le représentant du ministre burkinabè de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Seydou Ilboudo, a rappelé que cette dynamique vise à « décomplexer les populations de l’Union à la consommation des biens et services issus de leurs terroirs », tout en soulignant son impact sur le commerce intracommunautaire.
Au Bénin, le consommer local à l’honneur à Ganhi
Le mouvement a également pris corps au Bénin, où la 6ᵉ édition du « Mois du consommons local » a été officiellement lancée le 2 octobre 2025 à Cotonou. Dans l’enceinte du marché de Ganhi, le ministère de l’Industrie et du Commerce a donné le coup d’envoi d’un mois d’activités dédiées à la mise en valeur du ‘’made in Benin’’. Au nom du ministre, la directrice adjointe de cabinet, Émilie Sama Tibouté, a rappelé que cette célébration vise à « promouvoir les produits et services de l’espace communautaire, renforcer l’intégration régionale, stimuler le développement industriel et économique, et accroître la compétitivité des chaînes de valeur locales ».
Placée sous le thème « Investissements agro-industriels, valorisation des savoir-faire locaux et accès aux marchés », cette édition ambitionne de relever trois défis que sont : stimuler l’investissement agro-industriel pour réduire la dépendance aux importations, mettre en avant les entrepreneurs béninois dans tous les secteurs, et renforcer la présence des produits locaux sur les marchés internationaux.
Foires, expositions, ventes et campagnes de communication rythmeront les activités tout au long du mois d’octobre. La clôture, prévue le 31 octobre, sera marquée par la remise du trophée du « meilleur entrepreneur », la distinction du « Tablier d’or » et un mini-concert local, symbole d’un mois de célébration de la créativité et du savoir-faire béninois.

