L’année 2025 aura confirmé la capacité du Bénin à absorber les chocs externes sans compromettre la trajectoire de croissance engagée. En dépit du contexte mondial instable, le Bénin a maintenu une activité économique soutenue, portée notamment par la croissance continue du secteur industriel. Conçue comme un écosystème industriel intégré, la Zone Industrielle de Glo-Djigbé-Zè (GDIZ) a poursuivi, tout au long de l’année, l’extension de ses capacités de production et l’accueil de nouveaux investisseurs.
Du textile à l’agro-industrie, en passant par les industries manufacturières et technologiques, la plateforme a consolidé son positionnement multisectoriel, contribuant à la structuration d’un tissu industriel orienté vers les marchés régional et international. Cette dynamique a été soutenue par un accompagnement financier constant.
À l’issue de sa 149ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), a accordé un financement de 5 milliards FCFA à Syrrius Industries pour la construction et l’exploitation d’une unité d’assemblage robotisée de matériels informatiques et électroniques au sein de la zone. Aux côtés de la BOAD, la Caisse des Dépôts et de Consignations du Bénin et d’autres partenaires financiers ont poursuivi leur appui à l’essor de la plateforme.
Au-delà des investissements, la GDIZ s’est distinguée par une visibilité internationale renforcée. En 2025, la zone a accueilli plusieurs délégations officielles, diplomatiques et économiques d’Afrique, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient, venues apprécier le modèle industriel béninois, les infrastructures mises en place et les perspectives de partenariats. Il s’agit, entre autres, de la visite de la délégation de la NBA Africa, de la Basketball Africa League (BAL) et de la I AM Foundation ; du Medef, de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et bien d’autres. Ces visites ont contribué à asseoir la crédibilité de la plateforme et à renforcer la confiance des investisseurs.
Le “Made in Benin” aux grands rendez-vous
La GDIZ a également multiplié les participations à des rencontres économiques et industrielles, aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. Forums d’investissement, salons professionnels, événements dédiés à l’industrialisation et à la transformation locale ont permis de promouvoir le label « Made in Benin » et de positionner la zone comme une vitrine du renouveau industriel du pays. Sur le plan opérationnel, l’année a été marquée par la montée en régime des unités de production, notamment dans le secteur textile. On note à cet effet, la livraison de tenues “Made in Benin” à la marque française “GEMO”, la confection du nouveau treillis digitalisé des Forces armées béninoises (FAB), etc., sans oublier d’autres structures nationales. Des réalisations qui illustrent la capacité de la GDIZ à répondre à des commandes d’envergure, tout en favorisant l’emploi local et le transfert de compétences.
Prime à l’innovation industrielle
Les distinctions et reconnaissances obtenues par la plateforme et ses partenaires ont, par ailleurs, renforcé son image de pôle industriel structuré, conforme aux standards internationaux en matière de qualité, de durabilité et de gouvernance. En 2025, la GDIZ a notamment reçu le “1er Prix de Meilleure Zone Industrielle d’Afrique” et la 7ème place mondiale aux fDi Global Free Zones Awards 2025. Aux Reuters Global Sustainability Awards 2025, l’entreprise Bénin Cashew S.A. (installée dans la GDIZ) a été, quant à elle, primée “PME de l’année” pour son engagement durable. Des reconnaissances qui soulignent le rôle de la GDIZ dans l’industrialisation du Bénin, la création d’emplois, la transformation locale (coton, cajou) et son engagement pour le développement durable et l’inclusion.
À l’heure du bilan de 2025, la Zone industrielle de Glo-Djigbé-Zè apparaît ainsi comme l’un des moteurs visibles de la résilience économique béninoise. De par son engagement dans la transformation locale, l’industrialisation et l’ouverture sur les marchés extérieurs, elle contribue à redessiner le profil productif du pays et à poser les bases d’une croissance mieux ancrée dans la création de valeur.
Transport et infrastructures, une métamorphose qui perdure

Depuis quelques années, le secteur des transports connaît un essor remarquable au Bénin, traduisant une volonté politique affirmée de moderniser la mobilité urbaine et interurbaine tout en intégrant les impératifs environnementaux. Après les projets emblématiques Bénin Taxi et Air Bénin Taxi, le Bénin a franchi un nouveau cap en s’orientant vers des solutions de transport plus écologiques, dans un contexte mondial marqué par une lutte accrue contre les changements climatiques.
Ainsi, des motos électriques et des véhicules électriques ont progressivement fait leur apparition dans le paysage urbain béninois. Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de promotion d’une mobilité durable. À cela s’ajoute le projet de tricycles électriques, pensé pour faciliter les déplacements de proximité tout en apportant une touche identitaire et touristique. Peints aux couleurs des Vodun Days, événement culturel majeur qui se tient chaque année le deuxième week-end de janvier, ces tricycles incarnent une mobilité à la fois pratique, écologique et culturellement enracinée.
Au-delà des transports, le Bénin investit massivement dans la promotion du tourisme et de la culture, considérés comme des leviers essentiels du développement économique. Plusieurs infrastructures structurantes ont vu le jour ou sont en cours de réalisation. Au nord du pays, l’arène de la Gaani constitue un espace dédié à la valorisation des traditions et des célébrations royales. À Ouidah, l’arène des Vodun Days s’impose comme un haut lieu de rassemblement culturel et spirituel, attirant chaque année des milliers de visiteurs nationaux et internationaux.
Dans le sud, la cité balnéaire d’Avlékété, intégrée à l’itinéraire de l’avenue de la Marina, participe à la redéfinition du front de mer. Le long de cette avenue se déploie également la plus longue fresque murale d’Afrique, véritable condensé de l’histoire, de la culture et de la diversité sociale béninoises. À proximité, des monuments emblématiques tels que la Place de l’Amazone, la statue de Bio Guéra ou encore le Monument aux Dévoués renforcent l’identité mémorielle et patriotique du pays.
Les travaux d’aménagement urbain se poursuivent avec la réhabilitation de la voie longeant le lac Nokoué, reliant les communes riveraines à la capitale économique, Cotonou, elle-même bénéficiaire d’importants projets de modernisation. On ne saurait oublier le démarrage du projet de l’échangeur de Vèdoko à Cotonou. À Abomey, le patrimoine historique est au cœur des priorités avec la construction du Musée des Rois et des Amazones d’Abomey (MuRAD), appelé à devenir une référence régionale en matière de valorisation de l’histoire précoloniale.
À Ouidah, un musée d’art contemporain est également en gestation pour accueillir les trésors royaux rapatriés. Après le retour de 26 œuvres, la dynamique se poursuit avec la restitution du Kataklè, tabouret royal emblématique, retrouvé au Musée national de Finlande après 133 ans d’absence. Ces avancées s’accompagnent d’une forte mobilisation de la diaspora afro-descendante, renforcée par une loi votée par le Parlement béninois permettant la naturalisation des descendants d’Africains déportés.
Parallèlement, les grands travaux routiers transforment durablement le cadre de vie. La Place des Martyrs a été réhabilitée, la Cité ministérielle inaugurée afin de regrouper les administrations et réduire les tracasseries pour les usagers. Des pôles administratifs départementaux ont également vu le jour, accueillant préfectures et services déconcentrés de l’État.
À cela s’ajoutent la Vice-présidence de la République, le chantier du quartier général de Cotonou, le nouveau marché de gros d’Abomey-Calavi et le quartier culturel et créatif sur le site de l’ancien camp Guézo, sans oublier la galerie marchande au Stade de l’amitié Général Mathieu Kérékou de Kouhounou. Autant de projets qui, loin des annonces, prennent corps et avancent sans anicroche.
Le Bénin se transforme profondément. Si Cotonou demeure la vitrine de cette métamorphose, c’est l’ensemble du territoire national qui s’inscrit désormais dans une dynamique de modernisation, de valorisation culturelle et de développement durable. D’autres villes chef-lieu de département ou principales telle Allada, Abomey-Calavi, Abomey, Pobè…ne sont pas épargnées.
La digitalisation des services, levier de mobilisation des ressources financières

Renforcer le service aux citoyens et aux entreprises par la généralisation des e-services et l’accélération de la digitalisation de l’administration publique : tel est l’objectif du gouvernement béninois, qui met un point d’honneur à digitaliser l’ensemble des services. En 2025, cette ambition est devenue une réalité, et les résultats sont éloquents. L’Administration intelligente (Smart Gouv) a franchi un cap décisif avec la mise en œuvre accrue des e-services.
Au niveau des principales régies financières telles que les administrations fiscale, douanière, foncière, de la retraite ainsi que le Trésor public, la quasi-totalité des services est désormais digitalisée. Cette avancée constitue un avantage aussi bien pour les contribuables que pour la mobilisation des recettes publiques. Le Bénin se rapproche ainsi de la première place au sein de l’UEMOA et maintient sa position de numéro 1 dans l’espace communautaire selon le classement EGDI de l’ONU.
La transformation numérique de l’administration est désormais effective, à travers la mise en place d’outils numériques et la dématérialisation des processus administratifs. Les réseaux informatiques des administrations et institutions ont été modernisés, et les agents formés. La synergie entre les secteurs public et privé ainsi que les autres acteurs de l’écosystème numérique est renforcée. La sécurité des systèmes d’information de l’État est assurée et le nombre de services disponibles sur le Portail national des services ne cesse de croître.
La plateforme eservicesbudget.finances.bj est ainsi mise à la disposition des fonctionnaires de l’État, des prestataires de l’administration et des pensionnés du Fonds national des retraités du Bénin (FNRB), afin de répondre à leurs besoins et de leur permettre de suivre le traitement de leurs dossiers. Le Programme d’actions du gouvernement (PAG) prévoit, pour le quinquennat 2021-2026, la phase 2 de Smart Gouv, également dénommée projet de mise en œuvre de l’administration intelligente.
La mise en œuvre de ces réformes a conduit à une transformation numérique effective de l’administration, rendue possible grâce à l’adoption d’outils numériques et à la dématérialisation des procédures administratives.
La digitalisation des services publics constitue un levier crucial du développement socio-économique du Bénin. Elle facilite l’accès des citoyens à des services de qualité tout en réduisant les coûts administratifs. Cette dynamique contribue également à attirer les investissements étrangers et à positionner le pays comme un acteur de plus en plus intégré à l’économie numérique mondiale.
Un important bilan en 2025
Les performances enregistrées en matière de digitalisation sont remarquables, avec plus de 200 services désormais digitalisés. Selon les résultats présentés aux députés le 20 novembre 2025 dans le document relatif à l’exécution du budget 2025, les performances en matière de mobilisation des ressources sont très satisfaisantes. À fin septembre 2025, 73,6 % des ressources prévues pour l’année avaient été mobilisées, soit 2 613,2 milliards de FCFA sur une prévision annuelle de 3 551,0 milliards de FCFA. À l’atterrissage, une mobilisation de 99,7 % est attendue.
À la même date, l’exécution des dépenses budgétaires s’élève à 2 046,732 milliards de FCFA, contre 1 902,8 milliards de FCFA à fin septembre 2024. À fin décembre 2025, les dépenses sont projetées à 2 766,8 milliards de FCFA, correspondant à un taux de consommation estimé à 99,7 %.

