Avec de nouveaux financements et l’ouverture de bureaux régionaux, le Fonds vert pour le climat intensifie son action en Afrique. Une dynamique qui vise à rapprocher les financements des besoins et à accélérer les projets face aux défis climatiques.
Face à l’intensification des effets du changement climatique et à la pression croissante sur les économies africaines, les mécanismes de financement internationaux adaptent leur déploiement. Le Fonds vert pour le climat (GCF) s’inscrit dans cette dynamique en renforçant à la fois ses engagements financiers et sa présence sur le continent. Réuni à Incheon, en Corée du Sud, le Conseil d’administration du Fonds a validé un nouveau volume de financements estimé à 960,3 millions de dollars. Cette décision porte le portefeuille global de l’institution à plus de 20 milliards de dollars, répartis sur 354 projets et programmes à travers le monde.
Les projets approuvés couvrent aussi bien la réduction des émissions que l’adaptation aux effets du changement climatique. Une partie des initiatives bénéficie d’une procédure simplifiée, destinée à faciliter l’accès aux ressources financières et à accélérer leur mise en œuvre. Parmi les financements validés, près de la moitié est destinée à l’Afrique, soit environ 441 millions de dollars. Cette orientation traduit l’attention portée à un continent particulièrement exposé aux impacts climatiques, tout en disposant de ressources limitées pour y faire face. Le programme ASCENT-GREEN, doté de 250 millions de dollars en partenariat avec la Banque mondiale, illustre cette stratégie. Il vise à améliorer l’accès à l’énergie et à renforcer la résilience dans plusieurs pays d’Afrique orientale et australe, avec un impact attendu sur des millions de bénéficiaires. D’autres projets ciblent l’adaptation agricole, la protection contre les risques climatiques et le soutien aux petites et moyennes entreprises, notamment au Tchad, en Zambie et au Kenya.
Une présence régionale pour accélérer les projets
Au-delà des financements, le Fonds vert pour le climat engage une évolution organisationnelle avec l’installation de bureaux régionaux. Deux implantations sont prévues en Afrique, à Nairobi et à Abidjan, afin de rapprocher l’institution des pays bénéficiaires. Ce dispositif vise à améliorer la coordination des projets, à renforcer l’accompagnement des États et à faciliter l’accès aux financements.
Il s’inscrit dans une volonté de rendre les interventions plus efficaces et mieux adaptées aux réalités locales. « L’approbation de notre présence régionale marque une étape décisive pour le FVC. Le choix des villes qui accueilleront nos bureaux régionaux nous permettra de nous rapprocher des pays que nous servons, renforçant ainsi notre impact et notre engagement. », a déclaré Mafalda Duarte.
L’installation du bureau d’Abidjan, couvrant l’Afrique de l’Ouest, centrale et une partie du Nord, reflète également les ambitions de la Côte d’Ivoire dans le domaine énergétique et des énergies renouvelables. Malgré ces avancées, les défis persistent. L’accès à des financements adaptés, la perception du risque et la mobilisation des capitaux privés continuent de freiner les investissements climatiques en Afrique, qui capte encore une part limitée des ressources mondiales.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

