Dans les communes de l’Atacora, les investissements agricoles ne se mesurent plus seulement en intentions. Du 5 au 11 octobre 2025, une tournée de terrain dans le Pôle de Développement Agricole III a mis en lumière des réalisations portées par le Fonds national de développement agricole, qui transforment la production, la transformation et le stockage au bénéfice des coopératives et des femmes rurales.
Sur les terres de Boukoumbé, Cobly et Natitingou, l’agriculture s’organise désormais autour d’infrastructures adaptées et de chaînes de valeur mieux structurées. Cette dynamique est alimentée par les mécanismes de financement du Fonds national de développement agricole (FNDA), conçus pour répondre aux réalités du monde rural et soutenir des projets viables. Dans le Pôle de développement agricole III (PDA 3), la tournée de terrain conduite du 5 au 11 octobre 2025 a permis de constater l’impact direct des subventions accordées aux promoteurs agricoles.
Pour le FNDA, l’enjeu est d’accompagner la modernisation des outils de production et de transformation afin d’améliorer l’accès aux marchés.
“Notre mission c’est d’aider les promoteurs agricoles à avoir des infrastructures modernes. Parce qu’aujourd’hui, lorsque vous n’avez pas des infrastructures qui répondent aux normes, vous ne pouvez pas certifier vos produits sur le marché. Et c’est tout l’intérêt pour le FNDA d’accompagner les promoteurs agricoles et coopératives à avoir des infrastructures de qualité, afin que leurs produits soient non seulement sur le territoire national, mais aussi régional, pourquoi pas à l’international.”, explique Aimé Romuald KPOGLE, chargé de ce Pôle de Développement agricole.
La transformation locale apparaît comme un levier central de création de valeurs. À Boukoumbé, la coopérative Danatra, active dans la transformation de la mangue, du soja et du fonio, s’apprête à densifier sa transformation. Avec l’appui du FNDA et de la Coopération suisse, une unité plus vaste et mieux équipée est en projet, afin d’accroître les volumes et d’améliorer les conditions de travail. “On n’a jamais fait même une tonne de mangues par an ; on ne fait que ce qu’on peut et c’est très insignifiant.
Alors que nous voyons que ça pouvait accorder encore plus de richesse aux femmes. Dans cette union, on a vu qu’on était buté à la petitesse de ce lieu et c’est ça qu’on a essayé de dire à certains partenaires, tels que le FNDA. On lui a dit que c’est limité et au début il a pensé à un agrandissement, mais il n’y avait plus de place et nous avons cherché un terrain de cinq parcelles, soit un quart d’hectare, que nous avons mis à disposition pour que le FNDA qui voudrait nous soutenir, puisse nous accompagner aisément selon ses possibilités et qu’il ne manque pas d’espace, et que tout se passe bien, afin que la mangue qui, autrefois traînait ici, puisse être transformée et permettre aux femmes de se construire”, témoigne Joséphine N’DA BETEKOU, Présidente de l’UFEDEB YENTA de Boukoumbé.
Dans cette commune à forte production de mangues, la valorisation des excédents constitue un enjeu économique majeur. “La commune de Boukoumbé est une forte zone de production de mangues. De plus en plus, on voit qu’à la fin de la période de production, il y a beaucoup de mangues qui pourrissent, qui ne sont pas valorisées. Ces femmes ont réfléchi pour voir quelles sont ces variétés de mangues qui pourrissent plus vite, quelles sont ces qualités de mangues qui ne sont pas très vendues. Elles ont donc identifié deux variétés de mangues qui sont très prisées, mais qui ne sont pas très vendues.
Elles ont alors utilisé ces variétés pour faire des mangues séchées. Mais l’unité de transformation qu’elles ont est très petite avec peu d’équipements modernes pour faire le travail. Heureusement avec la subvention du FNDA aujourd’hui, on veut leur construire une unité de transformation moderne relativement plus grande où elles pourront mieux valoriser leur potentiel ”, précise Mariette Gbedjissokpa, cheffe cellule communale de l’ATDA à Boukoumbé.
Porter l’économie locale par l’agro-alimentaire
À Cobly, la même volonté de structuration anime les acteurs locaux. Dans le village de Tanda, une coopérative de producteurs de riz dispose désormais d’une unité de transformation respectant le principe de la marche en avant, garantissant hygiène et qualité. À Serounguè, 43 femmes de la coopérative Tribena bénéficient d’un appui pour la transformation du soja en fromage, suscitant une reconnaissance visible dans les communautés.
La question du stockage n’est pas en reste
Dans plusieurs villages de Cobly, des magasins de conservation avec bureaux et équipements ont été construits afin de réduire les pertes post-récolte et d’encourager les ventes groupées. “Le FNDA joue un rôle très important parce qu’elle intervient au niveau de la coopérative, elle nous aide à révéler certains défis que nous-mêmes, nous ne pouvons pas faire. Par exemple, le magasin qui est derrière nous, on ne pensait même pas avoir ça, mais grâce au FNDA, on a eu ça, ça va nous aider à faire le stockage et ça va nous permettre aussi de faire les ventes groupées, donc ça va nous permettre d’attirer d’autres personnes à s’ajouter dans la coopérative parce qu’il y a d’autres personnes qui ne croient même pas à ça, ils croient que c’est des mensonges et voilà que ça s’est réalisé. Vraiment, on les remercie infiniment”, souligne Jonas Tchotte, représentant des bénéficiaires à Cobly.
À Natitingou, le village de Koudengou dispose désormais d’un magasin de stockage d’une capacité de 500 tonnes, réalisé avec l’appui du FNDA et de la Coopération suisse. Le site bénéficie aussi de l’aménagement de 100 hectares de bas-fonds destinés à la riziculture et au maraîchage, intégrant diguettes, pistes d’accès, aires de séchage et système d’irrigation complet.
À travers ces interventions ciblées, qui permettent entre autres : la transformation, le stockage et l’aménagement hydro-agricole, le FNDA contribue à renforcer les revenus des producteurs et à dynamiser durablement l’économie rurale.
Par S.T.

