Avec l’appui de la coopération financière allemande à travers la KfW Banque de développement, le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) a présenté, mercredi 18 février 2026, les résultats de deux études liées aux investissements verts et aux services financiers adaptés aux femmes entrepreneures. Objectifs : promouvoir l’agriculture durable au Bénin.
Investi de la mission de promouvoir l’investissement privé dans le secteur agricole, pour assurer la sécurité alimentaire au Bénin, le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) se mobilise pour une transformation durable et plus inclusive de l’agriculture béninoise. C’est dans cette perspective que s’est tenu, avec l’appui de la coopération financière allemande à travers la KfW Banque de développement, « l’atelier national de restitution consacré aux investissements verts agricoles et aux services financiers adaptés aux femmes entrepreneures ». L’initiative s’inscrit dans la Mesure d’accompagnement du programme « Promotion du secteur privé à travers le FNDA », adossé à une ligne de financement de 15 millions d’euros octroyée par la KfW Banque de développement. Ce financement soutient le refinancement des Institutions Financières Partenaires (IFP) à travers le Guichet 3 « Accès aux services financiers », avec une mise en œuvre assurée par le consortium international IPC-Horus. La première étude présentée identifie des investissements contribuant à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique. Parmi les solutions mises en avant figurent les équipements d’irrigation solaire, les semences résistantes à la sécheresse, les engrais biologiques, la solarisation des unités de transformation ou encore les systèmes de biogaz.
Ces options, selon les équipes du FNDA et de la KfW Banque de développement, ouvrent des perspectives pour moderniser les chaînes de valeur agricoles tout en réduisant l’empreinte environnementale du secteur. Mieux, elles s’inscrivent dans la contribution déterminée au niveau national du Bénin, dont l’objectif est de renforcer la résilience des communautés rurales et réduire les émissions liées aux activités agricoles.
Lever les barrières pour les femmes rurales
La seconde étude adresse les obstacles persistants rencontrés par les femmes dans l’accès au financement. Alors qu’elles représentent une part importante de la main-d’œuvre agricole, elles demeurent sous-financées et confrontées à des contraintes structurelles. Pour répondre à cette situation, le FNDA adopte des critères alignés sur le standard international 2X Challenge, afin de promouvoir l’entrepreneuriat féminin et le leadership des femmes.
Portant la voix de l’ambassadeur de l’Allemagne au Bénin, Rike Sohn, tout en rappelant les axes prioritaires de la Coopération avec le Bénin, à savoir : paix, cohésion sociale, protection des bases naturelles, développement économique, etc., a relevé que « la KfW et les FNDA se sont fixés un objectif clair, à savoir 30% de crédits en nombre doivent bénéficier aux femmes, 30% en volume doivent soutenir des investissements verts ». « Ces cibles, poursuit-elle, ne sont pas seulement des indicateurs de performance, elles produisent une volonté politique forte de transformer les financements agricoles en un levier d’inclusion et durabilité. ».
Elle a également insisté sur la nécessité d’une coopération étroite entre le FNDA, les institutions financières partenaires, les organisations professionnelles agricoles et les autorités publiques afin de bâtir un écosystème financier agricole solide.
Le FNDA : levier de confiance entre finance et agriculture
Pour le Directeur général du FNDA, Nicolas Ahouissoussi, le Guichet 3 constitue le cœur du partenariat avec les institutions financières. « Le FNDA agit comme un levier de confiance entre le monde financier et le monde agricole en soutenant des crédits adaptés aux besoins spécifiques des exploitants, des coopératives, des PME agricoles. ».
Il a précisé que les deux études restituées ne relèvent pas d’un exercice théorique, mais constituent « le socle méthodologique et opérationnel » pour concevoir des produits financiers innovants, inclusifs et durables. Elles permettent désormais de disposer de critères clairs et mesurables pour orienter les interventions et évaluer l’impact des financements. Sur la période de 2025, a-t-il fait savoir, le FNDA a facilité un volume de financement de 88 681 541 000 francs CFA au profit de bénéficiaires, dont 12 084 femmes. Un indicateur qui évoque la dynamique engagée en faveur d’une agriculture plus performante et plus équitable.
Présidente du Conseil d’Administration de l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Bénin (APSFD-Bénin), Huguette Adoukonou, n’a pas manqué d’insister, pour sa part, sur l’opportunité de l’initiative. « Cette étude va désormais nous permettre de distinguer les produits verts des produits classiques agricoles. Avec le travail technique que le FNDA a fait, nous sommes plus à l’aise à pouvoir financer le secteur agricole », a-t-elle confié. À travers cet atelier, le FNDA et ses partenaires renouvellent leur volonté de structurer le financement agricole suivant les exigences environnementales et sociales actuelles et futures.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

