L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP Bénin) tire la sonnette d’alarme face à la prolifération d’activités de fourniture de connexion Internet exercées sans autorisation. Ces services, souvent commercialisés sous l’appellation « Wi-Fi Zone » ou d’autres noms similaires, sont en violation directe de la réglementation en vigueur. Dans un communiqué officiel, l’ARCEP invite les acteurs concernés à se mettre en conformité avec la législation avant le 31 janvier 2026.
Derrière l’essor incontrôlé de ces points d’accès, se cachent de sérieux enjeux de sécurité et de qualité de service. Selon l’Autorité, certaines installations dépassent le cadre du simple cybercafé : en multipliant points d’accès, amplificateurs de signal et équipements non homologués, des promoteurs créent de véritables réseaux de télécommunication sur le domaine public, en infraction avec la loi.
« À partir du moment où l’on relie plusieurs équipements pour fournir un service, on constitue déjà un réseau », précise Hervé C. Guèdègbé, Secrétaire exécutif de l’ARCEP. L’utilisation d’équipements radioélectriques non agréés peut provoquer des interférences et des brouillages affectant les opérateurs légaux et compromettre la sécurité des données des utilisateurs. L’absence d’identification des abonnés, en violation du décret de 2020, accroît encore les risques pour la sécurité numérique et l’ordre public.
Pour l’ARCEP, l’objectif de cette régularisation n’est pas de freiner l’accès au numérique, mais de le sécuriser. Hervé Guèdègbé rappelle que le cadre réglementaire béninois est conçu pour être souple et démocratique, avec de nombreux services soumis à simple déclaration. Toutefois, le respect des obligations légales demeure impératif, et l’Autorité appelle à une responsabilité collective pour garantir la sécurité et la fiabilité des services de communication sur le territoire national.

