À Cotonou, promoteurs de la médecine traditionnelle et acteurs institutionnels ont, mardi 23 décembre 2025, échangé sur les mécanismes de protection des produits de la pharmacopée. Objectif : sécuriser les innovations locales et faciliter l’ouverture des produits de santé béninois vers les marchés extérieurs.
Doté d’un patrimoine thérapeutique riche et diversifié, le Bénin multiplie les initiatives pour inscrire la pharmacopée nationale dans une logique de reconnaissance et de compétitivité à l’échelle internationale. C’est dans cet esprit que s’est tenu, mardi 23 décembre 2025 à l’hôtel Sassou, l’atelier de formation et de sensibilisation des promoteurs de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle sur la protection de leurs produits.
Organisée par la Direction du développement industriel, structure de liaison nationale de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), sous l’égide du Ministère de l’Industrie et du Commerce, la rencontre vise à mieux outiller les praticiens sur les mécanismes de propriété industrielle applicables à leurs innovations. Les échanges ont porté notamment sur les critères d’obtention de la certification OAPI, la protection des marques, ainsi que les avantages économiques liés à la sécurisation des produits mis sur le marché.
Pour les responsables techniques, la sensibilisation répond à un enjeu de professionnalisation du secteur. « Nous avons organisé cette sensibilisation à l’endroit des promoteurs de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée parce que ces promoteurs sont en même temps des chefs d’entreprise. Ils ont des produits qu’ils mettent sur le marché, et la propriété industrielle sert à protéger les produits de commerce. Comment les amener à protéger ces produits qui à priori, dans leur entendement, n’a que pour objet de soigner. Mais, c’est un investissement qui est derrière. Lorsqu’ils protègent ne serait-ce que la marque de l’un de leurs produits, c’est une sécurité qu’ils offrent à leurs produits sur le marché », a expliqué Rosalie Hounkannon Montcho, chargée de la valorisation des innovations au service de promotion de la propriété industrielle à la Direction du développement industriel.
Du côté des praticiens, l’intérêt pour la protection industrielle est exprimé. Pour Gabriel Salavi, phytothérapeute, « le Brevet, c’est l’identité de mon produit. Le Brevet joue un rôle de protection industrielle. C’est important. Je souhaiterais que les dispositions soient prises pour que nous ayons la facilité à Breveter nos produits ».
Même son de cloche chez les participants déjà engagés dans la démarche. « L’avantage est énorme. J’ai fait valoriser mon entreprise, parce que dès que le produit se présente à l’extérieur, on voit que c’est une entreprise sérieuse. Ça m’a donné des débouchés », a témoigné Félicien Coffi, également phytothérapeute.
À travers cet atelier, les autorités entendent encourager une meilleure structuration de la médecine traditionnelle béninoise, en la plaçant au croisement de la santé, de l’innovation et de l’économie. Une approche qui vise à renforcer la crédibilité des produits locaux et à sécuriser leur présence sur les marchés nationaux et internationaux.
Par S.T.

