La transformation des noix de cajou en Afrique de l’Ouest a progressé de 51 % en 2025, portée par un nombre restreint de pays. Parmi eux, le Bénin se distingue par une hausse des volumes de noix d’anacarde transformés.
Concentrant plus de la moitié de l’offre mondiale de noix de cajou depuis plusieurs années, l’Afrique de l’Ouest met de plus en plus un point d’honneur sur la question de la transformation locale. Les dernières estimations publiées par le service indépendant de conseil commercial N’kalô indiquent que 732 000 tonnes de noix ont été transformées en amandes dans la région en 2025, contre 483 500 tonnes un an plus tôt, soit une progression de 51 %. Cette dynamique régionale reste toutefois déséquilibrée.
Trois (03) pays à savoir : la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Ghana concentrent l’essentiel de la hausse observée. Ensemble, ils tirent vers le haut une filière encore largement dominée par l’exportation de noix brutes. Deuxième contributeur à cette progression, le Bénin a transformé 50 000 tonnes de noix de cajou en 2025, soit deux fois plus qu’en 2024, selon N’kalô. Ce volume qui se trouve bien au-delà des 13 000 tonnes atteintes en 2020, reste jusque-là le niveau le plus élevé sur les cinq (05) dernières années.
Cette performance, loin de relever du hasard, est le fruit des capacités industrielles développées au cours des dernières années. C’est aussi le résultat de la politique mise en œuvre par le pouvoir exécutif dans la filière. Sur ce dernier point, depuis avril 2024, le Bénin a interdit l’exportation de noix de cajou sous forme brute afin de réserver la matière première à la transformation locale.
Cette orientation vise à renforcer la valeur ajoutée nationale, à soutenir l’emploi industriel et à structurer durablement la chaîne de production. Une approche plus restrictive que celle de la Côte d’Ivoire, qui privilégie une période de priorité accordée aux transformateurs locaux sans interdire totalement les exportations.
À l’échelle régionale, la Côte d’Ivoire demeure en tête avec 600 000 tonnes transformées en 2025, soit près de 82 % de la production d’amandes ouest-africaine. Le Ghana, pour sa part, a transformé 15 000 tonnes, en progression modérée. Pour l’ensemble de la région, la hausse enregistrée en 2025 est, à n’en point douter, une opportunité de création de valeur dans la filière anacarde. Pour le Bénin, ce progrès vient approuver la pertinence de la dynamique industrielle qui privilégie la transformation locale.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

