Les projections financières 2026–2028 des établissements publics, annexées à la loi de finances 2026, confirment une trajectoire ascendante portée par la progression du chiffre d’affaires et des résultats nets. Mais la dépendance aux subventions et la pression des charges imposent une discipline budgétaire accrue.
Le Rapport annuel sur la gouvernance des entreprises publiques 2025 souligne une amélioration globale des indicateurs financiers, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la discipline budgétaire et la transparence. Selon la Direction générale des Participations de l’Etat et de la Dénationalisation (Dgped), le chiffre d’affaires des sociétés d’Etat a atteint 704,1 milliards F Cfa en 2024, en hausse de 31,3 %. Les établissements publics affichent une progression comparable, avec 211,1 milliards F Cfa, soit +30,1 %.
Cette dynamique se reflète également dans les résultats nets. En 2024, les sociétés d’Etat ont dégagé 99 milliards F Cfa, tandis que les établissements publics ont réalisé 122,8 milliards F Cfa. Les projections pour 2025 confirment la tendance, avec 145,9 milliards F Cfa attendus pour les sociétés et 123,7 milliards F Cfa pour les établissements publics.
Malgré ces progrès, la contribution des entreprises publiques au budget national reste également contrastée. Les sociétés ont payé 9,5 milliards F Cfa d’impôts et taxes en 2022 contre 8,7 milliards F Cfa en 2021, tandis que les offices demeurent faiblement contributeurs. Quant aux dividendes, ils sont passés de 2,7 milliards F Cfa en 2020 à 4,5 milliards F Cfa en 2022 contre 4,0 milliards F Cfa prévus pour 2023.
Une dépendance persistante
Le rapport met en évidence une dépendance persistante d’une partie du portefeuille aux concours financiers de l’Etat. Les subventions d’exploitation bénéficient principalement aux établissements publics, tandis que les subventions d’investissement concernent davantage les sociétés d’État.
Sur la question de l’endettement, la Dgped estime que le risque budgétaire reste contenu. L’encours des prêts rétrocédés aux entreprises publiques était évalué à 164 milliards F Cfa au 31 décembre 2024, soit 2,4 % de l’encours de la dette publique et 1,3 % du Pib.
Le rapport 2025 insiste sur la nécessité de renforcer les conventions de mandat, la reddition des comptes et l’harmonisation des outils de gestion budgétaire et comptable.
Une vigilance accrue sur les charges est également recommandée, notamment dans un contexte où l’évolution des effectifs et les revalorisations salariales pourraient peser sur les équilibres financiers.
Perspectives favorables 2026–2028
La Note analytique sur les entreprises et établissements publics, annexée à la loi de finances 2026, projette une progression des produits totaux de 402,9 milliards en 2026 à 452,9 milliards F Cfa en 2028, soutenue par l’amélioration attendue des produits d’exploitation, la consolidation des recettes propres et le maintien des concours financiers de l’État.
Cette dynamique devrait permettre une hausse graduelle des résultats nets, projetés à 122,5 milliards F Cfa en 2026, puis 130 milliards en 2027 et 138,5 milliards en 2028, soit une augmentation cumulée d’environ 13 % sur la période. Les charges globales augmenteraient également, mais à un rythme contenu, passant de 280,4 milliards F Cfa en 2026 à 314,6 milliards F Cfa en 2028.
Si les perspectives restent favorables, les équilibres financiers demeurent fragiles et appellent à la discipline budgétaire. La progression des résultats ne suffira pas. Au-delà des chiffres, l’Etat actionnaire attend désormais des entreprises publiques plus autonomes, transparentes et efficaces, capables de soutenir l’investissement public sans accroître la pression sur le budget national.
Par Aké MIDA

