Les baisses simultanées des exportations et des importations du Bénin au troisième trimestre soulèvent des enjeux structurels pour 2026, notamment dans les filières coton, riz et soja. Une dynamique à surveiller.
L’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad) fait état d’une contraction marquée des échanges commerciaux au troisième trimestre 2025 au Bénin. Les exportations s’établissent à 89,05 milliards F Cfa, en chute de 24,8 %, tandis que les importations atteignent 442,3 milliards F Cfa, en baisse de 10,9 %.
La contraction des flux commerciaux du Bénin au cours du trimestre confirme une tendance déjà perceptible depuis plusieurs mois. Le repli illustre un ralentissement généralisé de la demande extérieure comme intérieure.
La chute des ventes de coton, produit central du commerce extérieur béninois, constitue un signal majeur pour l’année 2026. La montée en puissance des unités de transformation installées à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) réduit les volumes exportés de coton brut, modifiant la structure traditionnelle des flux.
La baisse annuelle des importations de riz, dont la contribution négative atteint –11,9 points de pourcentage, pose également la question de l’ajustement du marché intérieur face à la volatilité des cours mondiaux. L’Inde, premier fournisseur du Bénin pour ce produit, demeure un acteur clé dans la constitution des stocks alimentaires nationaux, avec 79,3 milliards F Cfa de riz semi-blanchi importés par le Bénin au cours du trimestre.
Sur le plan géo-économique
Le poids croissant de l’Asie se confirme. Le Bangladesh demeure le premier client du Bénin, absorbant 32,1 % des exportations, principalement du coton, tandis que l’Inde et la Chine fournissent une part importante des importations. Cette orientation renforce la dépendance du Bénin aux dynamiques commerciales asiatiques. Elle laisse entrevoir un renforcement des relations économiques avec cette zone.
Dans la sous-région ouest-africaine, la prépondérance du Nigeria comme premier partenaire commercial demeure structurante, mais expose aussi l’économie béninoise à la volatilité monétaire et réglementaire de ce voisin géant.
Les données publiées par l’Instad soulignent les défis mais aussi les marges de manœuvre disponibles. La diversification des produits transformés, la consolidation de la logistique et la montée en puissance de la transformation agro-industrielle apparaissent comme des leviers déterminants pour stabiliser les performances extérieures en 2026.
Il faut noter que la Gdiz, en absorbant une part croissante du coton brut destiné à la transformation, représente une opportunité stratégique de montée en gamme et de création de valeur ajoutée. Cette évolution pourrait être un levier pour stabiliser les recettes d’exportation, à condition d’augmenter la valeur ajoutée des produits finis et semi-finis.
Aké MIDA

