La Cop en cours au Brésil ravive le débat sur la lenteur des financements climatiques pour les pays vulnérables. L’Afrique, pour sa part, mobilise un ensemble de fonds et d’initiatives destinés à structurer la résilience, accélérer l’adaptation et soutenir les transitions.
Du Fonds fiduciaire africain pour le climat (Accf) au Fonds vert pour le climat, en passant par les programmes régionaux de résilience et les instruments de préparation de projets, un écosystème de plus en plus dense tente de répondre à l’ampleur des besoins en termes de financement climatique en Afrique.
A la Cop qui se tient à Belém au Brésil, les négociateurs africains rappellent que les pays du continent figurent parmi les plus exposés aux chocs climatiques, alors qu’ils ne représentent qu’une part marginale des émissions mondiales. La question de l’accès effectif aux financements reste au cœur des discussions. Plusieurs délégations insistent sur la nécessité de renforcer les dispositifs déjà actifs, qui jouent un rôle déterminant dans la maturation des projets, l’assistance technique et le déploiement de solutions d’adaptation.
L’enjeu reste de transformer les promesses en décaissements rapides. Sans un soutien massif à ces fonctions essentielles, les financements disponibles continueront de rester sous-utilisés, souligne la Banque africaine de développement (Bad).
Dans ce contexte, l’Accf demeure l’un des instruments phares. Hébergé par la Bad, il soutient la préparation des projets climatiques, la production d’études techniques, le renforcement des capacités nationales et l’élaboration des stratégies climatiques. En facilitant l’accès aux guichets plus importants, ce Fonds agit comme un levier essentiel pour transformer des idées encore au stade conceptuel en projets bancables.
Un écosystème en expansion
Les discussions à la Cop convergent vers un même constat : les mécanismes existent, mais leur échelle demeure insuffisante face à l’intensité des impacts climatiques. Le Fonds vert pour le climat constitue la principale source multilatérale pour financer les programmes d’adaptation et d’atténuation.
Plusieurs pays africains y soumettent des projets visant la gestion durable des terres, la restauration des écosystèmes, la modernisation des infrastructures de résilience ou encore le développement des énergies renouvelables. Le mécanisme exige cependant des dossiers techniquement solides, raison pour laquelle les outils de préparation de projets demeurent indispensables.
Le Fonds pour l’environnement mondial (Fem) intervient également pour appuyer les projets liés à la biodiversité, au changement climatique et à la dégradation des terres. Son rôle est régulièrement mentionné par les délégations africaines comme un maillon important du financement de long terme, particulièrement dans les zones rurales où les communautés demeurent en première ligne.
Le Fonds d’adaptation, pour sa part, concentre son appui sur les programmes communautaires, notamment dans les secteurs de l’agriculture résiliente, de la gestion de l’eau et de la protection des zones côtières. Les projets soutenus contribuent à la réduction de la vulnérabilité, un impératif alors que les phénomènes climatiques extrêmes s’intensifient.
Au niveau régional, des initiatives comme le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (Aaap), le Fonds africain pour l’économie circulaire (Acef), la Mission 300, l’Initiative Desert to Power et le Programme d’investissement vert pour l’Afrique (Gipa), complètent ces mécanismes internationaux. Ils renforcent la résilience, soutiennent les jeunes entrepreneurs climatiques, développent les énergies renouvelables et favorisent l’économie circulaire.
Les programmes de résilience climatique, les plateformes de gestion intégrée des ressources naturelles, les dispositifs d’alerte précoce et les mécanismes de suivi-évaluation des politiques climatiques visent à améliorer la coordination entre Etats et à garantir la cohérence des actions dans les secteurs prioritaires tels que l’agriculture, l’élevage, l’eau, la foresterie et les zones transfrontalières.
Un défi majeur
L’accès aux fonds exige des capacités institutionnelles solides. L’Accf joue un rôle central en appuyant la formulation de stratégies climatiques, le renforcement des systèmes nationaux de suivi, l’intégration des priorités d’adaptation dans la planification sectorielle et l’élaboration des Contributions déterminées au niveau national (Cdn).
D’autres mécanismes, tels que l’Alliance financière africaine sur le changement climatique (Afac), la Facilité africaine de l’eau et le Fonds spécial pour les Pme agroalimentaires (Ahfr), complètent ce dispositif en renforçant les capacités techniques et institutionnelles. Des programmes régionaux de renforcement des compétences accompagnent la structuration des unités climat, la formation des cadres techniques et l’amélioration de la gouvernance environnementale.
Malgré ces dispositifs, les discussions à la Cop convergent vers un constat clair : les mécanismes existent, mais leur échelle reste insuffisante face à l’intensité croissante des impacts climatiques. Les pays africains plaident pour l’augmentation des fonds dédiés à l’adaptation, la simplification des procédures d’accès et le respect des engagements de financement pris par les partenaires internationaux. Le renforcement des dispositifs existants et l’expansion des initiatives régionales constituent un socle indispensable pour permettre aux pays de mettre en œuvre des politiques climatiques efficaces et durables.
Par Aké MIDA

