La Banque mondiale a dévoilé fin décembre 2025 la deuxième édition de son rapport Business Ready (B-Ready). Ce classement, qui succède Doing Business, abandonné en 2021, fournit un aperçu des pays de l’UEMOA qui sont les plus attractifs pour les investisseurs.
Le nouvel outil de la Banque mondiale, en phase de déploiement progressif, évalue le climat des affaires à travers une approche microéconomique centrée sur le cycle de vie complet de l’entreprise de sa création à sa dissolution.
L’édition 2025 élargit sa couverture à 101 économies (dont 29 pays africains, +14 par rapport à 2024), avec trois piliers notés sur 100. Il s’agit du cadre réglementaire (règles écrites sur la création d’entreprise, droit du travail, litiges, propriété), de la qualité des services publics (plateformes numériques, fiscalité, infrastructures commerciales) et de l’efficacité opérationnelle (délais et coûts réels de conformité). Contrairement à Doing Business, B-Ready croise données objectives, enquêtes firmes et analyse des écarts entre réglementation et pratique, pour une vision plus nuancée des obstacles business.
Togo et Bénin, locomotives de l’UEMOA
Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Togo et le Bénin dominent nettement le classement B-Ready 2025, se positionnant comme les plus attractifs pour les investisseurs.
Le Togo conserve sa 4ᵉ place africaine (derrière le Rwanda, le Maroc et l’île Maurice) avec un score global de 61,52/100, en légère progression par rapport à 60,99 en 2024. Lomé excelle particulièrement en efficacité opérationnelle (création d’entreprise en 3 jours avec guichet unique APIEX performant) et dans les services publics numériques (portail e-réglementations, télédéclarations fiscales à 95% adoptées).
Ces réformes, initiées dès 2019 dans le cadre du Plan national de développement, ont permis de réduire les coûts de formalisation de 75% et les délais de connexion électrique de 60 jours à 10 jours ouvrables.
Le Bénin fait une entrée remarquée à la 5ᵉ place africaine (60,21/100) dès sa première participation, devançant des poids lourds comme le Kenya ou l’Afrique du Sud. Cotonou brille par son cadre réglementaire (score de 68/100) et sa plateforme « e-Reglementations » qui digitalise 92% des procédures business.
Le Sénégal suit en 9ᵉ position africaine (56,05/100), fort de son guichet unique Invest Senegal et d’une amélioration de 15 points en services publics.
La Côte d’Ivoire (10ᵉ, 54,43/100) progresse grâce à son Centre de Promotion des Investissements (CEPICI) et son portail officiel de télédéclaration et de télépaiement des impôts sur internet (e-Impôts) mais reste freinée par des délais de contentieux (320 jours en moyenne).
Burkina Faso (42ᵉ africain, 44,21/100) et Niger (47ᵉ, 41,87/100), ferment la marche de l’UEMOA, pénalisés par l’instabilité sécuritaire et des services publics pas encore au beau fixe.
Défis persistants et chantiers prioritaires
Malgré les progrès des leaders, l’UEMOA reste en deçà de la moyenne mondiale (61,63/100) et africaine (50,12/100), avec un écart important en termes d’efficacité opérationnelle. Selon le rapport, au Togo, par exemple, le cadre réglementaire est solide (65,42/100), mais l’efficacité chute à 55,71/100 à cause de contrôles post-importation jugés peu transparents.
Le Bénin pâtit du délai pour les jugements commerciaux (320 jours), tandis que la Côte d’Ivoire souffre d’un taux d’exécution des contrats de seulement 42%. Dans un tel contexte, la Banque mondiale recommande notamment de digitaliser massivement les services avec des guichets uniques interconnectés, de réduire les coûts de conformité et de renforcer l’autonomie judiciaire.
Pour l’UEMOA, l’enjeu est de continuer à capter une part croissance des investissements directs étrangers afin de soutenir la croissance économique ainsi que la transformation structurelle dans les prochaines décennies.

