L’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) du Bénin a organisé un atelier national les 26 et 27 décembre 2025 à Cotonou pour examiner et valider les Rapports d’Audits Techniques Indépendants des marchés publics pour l’année fiscale 2023, renforçant ainsi la transparence et la bonne gouvernance, avec la participation des acteurs clés et des cabinets d’audit, visant à tirer des leçons pour améliorer la performance de la commande publique.
Cet exercice légal, présidé par Séraphin Agbahoungbata, a analysé dix rapports d’audit couvrant les aspects essentiels du système, confirmant l’engagement de l’ARMP envers des pratiques crédibles et conformes aux standards internationaux. Cet atelier national s’inscrit dans le cadre des exigences légales visant à renforcer la transparence, l’efficacité et la crédibilité du système des marchés publics au Bénin. Selon Ludovic Guedje, secrétaire permanent de l’Armp, la tenue de cet atelier répond avant tout à une obligation prévue par la loi.
Chaque année, l’Autorité est tenue de faire réaliser, par des cabinets indépendants sélectionnés à l’issue d’une procédure réglementaire, des audits a posteriori des marchés publics. Ces contrôles portent aussi bien sur la conformité des procédures de passation que sur l’exécution des contrats et le respect des règles de finances publiques lors du règlement des marchés.
Si l’audit concerne l’exercice 2023 alors que l’année 2025 touche à sa fin, l’explication réside dans les retards accumulés au cours des années précédentes. Depuis 2021, le Bénin s’est engagé dans un vaste processus de rattrapage, couvrant successivement les exercices 2018 à 2022. « Aujourd’hui, nous sommes à l’audit de 2023 à titre de rattrapage. L’objectif est de boucler tous les retards afin qu’à partir de 2026, nous puissions auditer les marchés de l’année précédente conformément aux normes », a précisé Ludovic Guedje. Cette démarche permet également d’apprécier, avec un recul de plusieurs années, le niveau de compréhension et de maîtrise des procédures par les acteurs de la commande publique.
Présent à l’ouverture des travaux, Séraphin Agbahoungbata, président de l’Armp, a insisté sur la portée stratégique de ces audits. Loin d’être un tribunal ou un mécanisme de sanction, l’audit constitue, selon lui, un outil d’autoévaluation du système national des marchés publics. « Nous le faisons pour nous jauger nous-mêmes, pour apprécier ce que nous valons aujourd’hui, notamment dans un contexte de transition vers l’e-procurement », a-t-il déclaré. Mandataire des cabinets d’audit, Elvire Agbassagan a présenté les principaux enseignements issus de la mission. Selon elle, les audits de l’exercice 2023 révèlent une amélioration notable par rapport aux années antérieures, notamment en matière d’audit et de disponibilité des pièces justificatives.
Le processus de passation des marchés au sein des autorités contractantes échantillonnées a également connu des avancées significatives, traduisant les effets positifs des réformes engagées par le gouvernement et de l’accompagnement de l’Armp. Toutefois, des cas de non-conformité persistent, justifiant la formulation de recommandations destinées à renforcer davantage le dispositif. Cet atelier de validation apparaît ainsi comme une étape déterminante dans la consolidation du système des marchés publics au Bénin et dans la préparation des réformes à venir.
Par Belmondo ATIKPO
