La Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin (CNA-Bénin) a présenté sa stratégie 2026-2030 le 13 mars 2026 à Cotonou. Ce document de planification vise à renforcer la gouvernance du secteur agricole, soutenir l’entrepreneuriat rural et améliorer l’accompagnement des producteurs dans un contexte de transformation des systèmes de production.
Au Bénin, l’agriculture représente entre 20 et 30 % du produit intérieur brut (PIB) et constitue une source de revenus pour une grande partie de la population. En dépit de cette évidence et des investissements continus de l’État et des Partenaires techniques et financiers (PTF), des obstacles subsistent pour la compétitivité du secteur.
C’est conscient de cela que la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin (CNA-Bénin) a présenté, vendredi 13 mars 2026, sa stratégie pour la période 2026-2030. La stratégie présentée par la CNA-Bénin vise à consolider cette contribution tout en répondant aux défis structurels qui persistent dans le secteur. Le document s’articule autour de plusieurs axes d’intervention, parmi lesquels l’entrepreneuriat agricole, le renforcement des capacités des acteurs, le développement de partenariats stratégiques, la formation agroécologique, l’accompagnement des producteurs et le suivi des résultats obtenus.
Prenant la parole, Gaston Dossouhoui a souligné la portée de cette orientation stratégique. « Le présent plan stratégique pour le quinquennat 2026-2030 … est une boussole collective, un appel à l’action, un pacte entre les producteurs, les institutions, les partenaires techniques et financiers et les citoyens », a-t-il déclaré.
Selon lui, la réussite de cette stratégie passe par une cohérence entre les politiques publiques et les initiatives portées par les acteurs du terrain, notamment les jeunes et les femmes impliqués dans les activités agricoles.
Une vision pour renforcer le rôle de la CNA-Bénin
De son côté, le président de la CNA-Bénin, Hermann Imali Djetta, a présenté la vision portée par ce document de planification. « À l’horizon 2030, la CNA-Bénin est une institution consulaire des professionnels du secteur agricole, rayonnante, bien gouvernée, économiquement autonome, capable de rendre des services de qualité, de contribuer à l’amélioration de la compétitivité et de la résilience de l’agriculture béninoise », a-t-il affirmé. La mise en œuvre de cette stratégie repose également sur l’engagement des partenaires et des institutions d’appui. « Nous avons besoin de votre cofinancement, de votre expertise et surtout de votre engagement », a ajouté le président de la CNA-Bénin en direction des partenaires techniques et financiers.
Des programmes structurants annoncés
Plusieurs initiatives ont été présentées dans le cadre de la stratégie 2026-2030. Parmi elles figure la Carte Professionnelle Agricole (CPA), destinée à fournir aux producteurs une identité professionnelle reconnue et à faciliter leur accès aux services et aux dispositifs d’accompagnement. La stratégie prévoit également la mise en place de la Coopérative de Financement Agricole (Coop-FA), un mécanisme conçu pour adapter les solutions de financement aux réalités des cycles agricoles.
Autre initiative présentée : le programme ÉCOLAB-Bénin, orienté vers la promotion de pratiques agroécologiques. Ce dispositif prévoit l’accompagnement de 50 000 exploitants agricoles à travers un réseau de 120 fermes-écoles réparties dans les 12 départements du pays.
Au nom des partenaires techniques et financiers, Catherine Peters, représentante du directeur pays d’Enabel, a réaffirmé la disponibilité de ces institutions à soutenir la mise en œuvre de la stratégie.
« Le potentiel agricole du Bénin ne se réalisera pleinement que par une dynamique de synergie et de complémentarité entre tous les acteurs. C’est dans cet esprit que nous répondons présent », a-t-elle indiqué. À travers cette stratégie, la CNA-Bénin entend renforcer sa contribution à l’organisation du secteur agricole et accompagner les producteurs dans un environnement marqué par les exigences croissantes de compétitivité, de durabilité et de création de valeur.
Par Sylvestre TCHOMAKOU

