Réunis le 2 février 2026 à Lagos au Nigéria, décideurs financiers, institutions de développement et acteurs des marchés ont réfléchi aux leviers capables d’orienter les capitaux mondiaux vers les priorités africaines. Intervenant sur le panel « Capital at Scale » organisé par Investopia, le Président de la BOAD, Serge Ekue, a réaffirmé le rôle stratégique des banques régionales dans la mobilisation de financements durables et à long terme.
Comment mobiliser des volumes massifs de capitaux pour soutenir le développement de l’Afrique ? La question était au cœur du panel « Capital at Scale : Enabling Financial Systems That Mobilize Investment Across Africa », tenu le 2 février 2026 à Lagos, sous l’égide d’Investopia. Banques, fintechs, marchés de capitaux et institutions de financement du développement y ont croisé leurs analyses sur les mécanismes capables de répondre aux besoins structurels du continent.
Les échanges ont mis en évidence l’importance de bâtir des systèmes financiers plus intégrés et plus innovants, capables de canaliser les financements à long terme vers des secteurs clés tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture ou encore l’industrialisation. Les panélistes ont notamment insisté sur le rôle des plateformes financières transfrontalières, des réformes réglementaires et des structures financières adaptées pour attirer et sécuriser les investissements internationaux.
Dans son intervention, Serge Ekue Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a rappelé la vocation de l’institution qu’il dirige : agir comme un véritable catalyseur de l’investissement privé durable en Afrique de l’Ouest. À cet effet, la BOAD œuvre activement au développement de marchés de capitaux régionaux plus profonds et plus liquides, capables de financer les économies sur le long terme.
L’institution mise également sur des instruments financiers innovants libellés en monnaie locale, afin de réduire les risques de change qui freinent souvent l’engagement des investisseurs. À cela s’ajoute le recours à la finance mixte, combinant ressources publiques et privées, pour dé-risquer les projets et améliorer leur attractivité. Enfin, un accent particulier est mis sur le renforcement de la préparation des projets, condition essentielle pour garantir leur bancabilité et leur accès effectif aux financements.
À travers ces leviers, la BOAD confirme sa stratégie ; innover financièrement, accompagner les porteurs de projets et renforcer ses outils d’intervention pour attirer des capitaux privés et institutionnels vers des investissements à fort impact. Une approche qui s’inscrit pleinement dans l’ambition de transformer durablement les économies africaines par une mobilisation du capital à grande échelle.
Par Falco VIGNON

