Le duo candidat à l’élection présidentielle d’avril 2026, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata a rendu public son projet de société le samedi 21 mars 2026. Le projet cible plusieurs secteurs phares. Chacun d’eux fait l’objet d’une attention et bénéficiera d’une série de projets de la part du duo candidat.
Sport : des infrastructures de proximité dans les 546 arrondissements
Dans le secteur du sport, le candidat prévoit la construction d’infrastructures sportives de proximité dans chacun des 546 arrondissements du Bénin afin de permettre à tous les jeunes de pratiquer une activité sportive près de leur lieu de résidence. Le projet inclut également la rénovation des maisons des jeunes et de loisirs pour en faire de véritables espaces d’activités sportives et culturelles, ainsi que le renforcement de l’encadrement sportif des jeunes après l’école. Des pôles de formation seront créés pour détecter, former et accompagner les jeunes talents, tandis que des bourses sportives seront mises en place pour soutenir les espoirs nationaux. Une réforme des formations aux métiers du sport à l’Institut national de la jeunesse et des sports est également envisagée afin d’améliorer la qualification des entraîneurs et encadrants. Des investissements sont annoncés pour la construction de terrains et d’espaces sportifs modernes dans l’ensemble des arrondissements, accessibles à tous. Ces infrastructures seront gérées en partenariat avec les communes et les fédérations sportives afin d’y organiser régulièrement des compétitions, des activités scolaires et des événements sportifs de proximité. Un dispositif de maintenance et de renouvellement des équipements sera instauré, adossé à un système de suivi technique destiné à prévenir la dégradation des installations et à garantir la durabilité des investissements. Des indicateurs de fréquentation seront suivis afin d’orienter les investissements futurs selon les besoins réels des populations. Selon le candidat, la généralisation d’espaces sportifs modernes favorisera la pratique régulière d’activités physiques, la cohésion sociale et l’émergence de nouveaux talents à l’échelle nationale. Les réalisations déjà engagées dans le secteur seront étendues à d’autres communes, certaines devant également bénéficier de stades et de marchés modernes. Les 546 arrondissements seront progressivement couverts et les maisons des jeunes réhabilitées. L’ambition affichée est de faire du Bénin une nation sportive rayonnante, de la détection des talents jusqu’à leur affirmation sur la scène internationale. Le financement public du sport, passé de 80 millions de francs CFA en 2016 à 4,5 milliards en 2025, sera consolidé, avec le maintien d’une prise en charge annuelle de 3,5 milliards de francs CFA pour les équipes nationales.
Financement des activités économiques : Simplification de l’accès au crédit
Le programme prévoit la poursuite des initiatives déjà engagées par l’État pour faciliter l’accès des entrepreneurs aux financements. Selon le projet, les mécanismes existants ayant permis à certains corps de métiers, notamment les artisans, les petits commerçants et les femmes rurales d’accéder au crédit sans garantie préalable seront renforcés. L’ambition affichée est d’éviter que l’exigence de garanties constitue un obstacle à l’accès au financement et de favoriser ainsi le développement des petites et moyennes activités économiques.
Agriculture : mécanisation, amélioration des rendements, assurance
Sur les sept prochaines années, le candidat entend renforcer la résilience du secteur agricole tout en diversifiant les filières de production. L’agriculture béninoise devrait connaître une mécanisation accrue, accompagnée de l’introduction d’une assurance récolte, ainsi que de dispositifs d’épargne et de retraite destinés aux producteurs. Le développement de l’agriculture de précision est également envisagé grâce à l’utilisation de drones, de capteurs de sol et de plateformes numériques facilitant l’accès aux marchés. Les objectifs annoncés incluent le triplement des rendements du manioc et du maïs, ainsi que le doublement de ceux du riz et du soja. La politique de maîtrise de l’eau sera renforcée au profit des producteurs maraîchers et rizicoles afin de permettre plusieurs cycles de récoltes par an.
Production agro-pastorale et aquacole : sédentarisation et croissance de productivité
S’appuyant sur les agences sectorielles déjà mises en place, le projet ambitionne d’accroître durablement la production nationale de viande et de poisson afin de tendre vers l’autosuffisance et de réduire progressivement les importations. Un programme spécial dénommé « 5 000 entrepreneurs agricoles » sera lancé pour stimuler la production de volailles locales. Par ailleurs, une ferme de 20 000 hectares est envisagée pour développer la production industrielle de viande bovine. Le candidat annonce également son intention de mettre fin aux conflits liés à la transhumance en favorisant une sédentarisation progressive des éleveurs sur l’ensemble du territoire national, dans un objectif d’apaisement et d’amélioration de la productivité.
Education
Le projet prévoit la poursuite de la redéfinition des priorités éducatives afin de faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle le socle du système éducatif béninois. Il est notamment envisagé de poursuivre la construction de lycées scientifiques, d’écoles de métiers, d’écoles normales supérieures et de lycées techniques agricoles afin d’adapter la formation des jeunes aux besoins du marché de l’emploi. La gratuité de l’enseignement secondaire sera généralisée à toutes les filles du pays, tandis que la formation en alternance sera progressivement mise en œuvre. Le télé-enseignement sera développé à travers la création de campus numériques à Cotonou, Parakou, Natitingou, Porto-Novo et Abomey-Calavi. Le développement du pôle d’excellence Sèmè City se poursuivra avec l’achèvement de son campus principal à Ouidah. Le programme de cantines scolaires, qui couvre déjà 30 % des écoles primaires publiques et bénéficie quotidiennement à plus de 1,3 million d’enfants, sera consolidé et étendu afin d’atteindre une couverture nationale complète.
Promotion des industries
Le projet s’inscrit dans la continuité de la dynamique industrielle engagée ces dernières années, notamment avec la mise en place du hub industriel de Glo-Djigbé (GDIZ) et le développement d’autres pôles à Sèmè-Podji, Kétou et dans plusieurs zones du pays. Plus de 20 000 emplois directs auraient déjà été créés dans ces écosystèmes industriels. Le candidat ambitionne de renforcer ces acquis à travers la création de pôles de développement territoriaux et la construction d’unités industrielles de transformation accessibles aux producteurs locaux afin de favoriser la transformation sur place des matières premières. Un fonds de développement industriel sera institué pour accompagner les champions nationaux et accélérer la transformation locale, avec pour objectif de renforcer la valeur ajoutée de l’économie béninoise.
Falco VIGNON

