L’inflation dans l’espace Uemoa est demeurée négative en novembre 2025, confirmant une tendance rare dans un contexte international encore marqué par des tensions sur les prix. La baisse continue des produits alimentaires constitue le principal facteur explicatif de cette évolution.
Selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), le taux d’inflation annuel dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) s’est établi à –0,5 % en novembre 2025, contre –1,1 % en octobre. Malgré cette légère remontée, l’inflation demeure négative, traduisant une détente persistante du niveau général des prix à la consommation, indique la dernière Note mensuelle de conjoncture économique de la Banque centrale (Bceao, décembre 2025).
Cette évolution contraste avec les tendances observées dans plusieurs régions du monde, où les pressions inflationnistes restent élevées, et confirme la spécificité de la dynamique des prix au sein de l’Union.
La poursuite de la baisse des prix des produits alimentaires constitue le principal facteur explicatif de cette inflation négative. En novembre 2025, les prix de cette composante ont de nouveau reculé, après une diminution plus marquée observée le mois précédent.
Cette tendance est liée à l’amélioration de l’offre sur les marchés, notamment en céréales, poissons et légumes, dans un contexte de bonnes récoltes agricoles.
Les premières estimations relatives à la campagne agricole 2025-2026 font état d’une progression notable de la production céréalière, contribuant à renforcer l’approvisionnement des marchés et à contenir les tensions sur les prix des denrées de base.
Rôle déterminant des produits importés
A l’amélioration de l’offre locale s’ajoute la forte contraction des prix des produits alimentaires importés. En variation annuelle, l’indice de ces produits, exprimé en franc CFA, a enregistré une baisse prononcée, contribuant significativement à la réduction des pressions inflationnistes dans l’ensemble de l’Union. Cette évolution favorable des prix à l’importation a joué un rôle important dans la dynamique désinflationniste observée en novembre.
L’analyse par pays révèle toutefois des situations contrastées. L’inflation demeure négative au Niger, au Burkina Faso et en Guinée-Bissau, traduisant une baisse plus marquée des prix à la consommation. A l’inverse, elle reste modérément positive au Sénégal, au Bénin, au Mali et au Togo, tandis qu’en Côte d’Ivoire, les prix sont demeurés globalement stables sur la période.
Pour les ménages, cette situation contribue à un certain soulagement du coût de la vie. La Bceao souligne néanmoins une légère progression de l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire celle hors produits frais et hors énergie, indiquant la présence de pressions encore contenues mais qui appellent à une vigilance continue.
Par Aké MIDA

