Après la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA), la Cour constitutionnelle réunie en audience solennelle ce lundi 19 janvier 2026, a rendu son verdict final sur les élections législatives du 11 janvier dernier.
Le président de la Cour constitutionnelle, Dorothée Sossa a proclamé les résultats définitifs des législatives qui confirment la suprématie des deux grands blocs de la majorité présidentielle. Avec un taux de participation national établi à 36,74 %, le paysage parlementaire béninois s’apprête à entamer un nouveau cycle marqué par une configuration strictement bipartite. Malgré une percée nationale, le parti Les Démocrates échoue à franchir le seuil fatidique des 20 % par circonscription, laissant l’exclusivité des 109 sièges de la 10e législature à la mouvance présidentielle.
L’UP-R et le BR se partagent l’Hémicycle
Selon l’arrêt de la Cour, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) sort grande gagnante de cette consultation électorale avec 1 149 251 voix. Le parti s’octroie 60 sièges, dont 44 ordinaires et 16 réservés exclusivement aux femmes. Juste derrière, le Bloc Républicain (BR) consolide sa position de deuxième force politique du pays avec 1 021 453 voix, lui rapportant 49 sièges (41 ordinaires et 8 réservés aux femmes).
Au plan national, les scores traduisent une hiérarchie claire : 41,21 % pour l’UP-R et 36,62 % pour le BR. Ces chiffres confirment les tendances de la Commission électorale nationale autonome (CENA). La Cour a toutefois précisé avoir relevé des irrégularités, telles que le défaut de procès-verbaux ou un mauvais remplissage de documents dans certains postes. Cependant, le président Sossa a souligné que : « Ces manquements ont affecté les résultats des postes de vote concernés sans être de nature à compromettre la sincérité et la transparence du scrutin ».
La douche froide pour Les Démocrates
Si le parti Les Démocrates (LD) a réussi à franchir le seuil national de 10 % avec un score de 16,20 %, il est frappé par la rigueur de l’article 146 nouveau du code électoral. Cette disposition stipule que : « Seules sont éligibles à l’attribution des sièges, les listes ayant recueilli au moins 20 % des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives ».
N’ayant pas atteint ce seuil dans chacune des 24 circonscriptions, la formation de l’opposition se voit exclue de l’Assemblée nationale. Le même sort est réservé à la FCBE (4,78 %) et à Moele-Bénin (1,19 %), dont les scores sont restés marginaux. Cette décision ferme ainsi la porte du Palais des gouverneurs aux représentants de ces partis.
Cap sur le 8 février
Le processus entre maintenant dans sa phase de contentieux final. Le président de la Haute juridiction a informé que la présente décision donne droit aux recours des candidats dans leurs circonscriptions respectives. Les requérants disposent d’un délai de « dix jours à compter du lundi 19 janvier 2026 » pour saisir l’institution.
Une fois les éventuelles plaintes vidées, les 109 députés de la 10e législature seront officiellement installés le 8 février prochain à Porto-Novo. Ils auront la lourde tâche de légiférer dans une Assemblée où la mouvance détiendra la totalité des leviers du pouvoir législatif.

