La croissance dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) demeure résiliente et se consolide malgré le contexte géopolitique. D’après la note de conjoncture économique de décembre 2025 de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), on note une amélioration de l’activité économique à fin décembre 2025.
L’activité économique au sein de l’Union, en glissement annuel, progresserait de 6,9 % au quatrième trimestre 2025, après une estimation de 6,6 % au troisième trimestre 2025. Selon la note de conjoncture économique de décembre 2025 de la BCEAO, le dynamisme des activités commerciales et des services, ainsi que les bonnes perspectives de la campagne agricole 2025/2026, contribueraient à renforcer la croissance dans les pays de l’UEMOA.
Sur l’ensemble de l’année 2025, le PIB de l’Union, en termes réels, progresserait de 6,7 %, après une réalisation de 6,2 % en 2024. L’activité économique serait soutenue par une demande intérieure robuste et une bonne tenue des productions extractives et agricoles, selon le document de la Banque Centrale. L’accroissement des indicateurs économiques serait principalement porté par le renforcement de la demande intérieure et des améliorations continues dans certains secteurs clés, tels que l’agriculture vivrière, les industries manufacturières, le commerce, les services non marchands, ainsi que la pêche et l’élevage.
La note de conjoncture de la BCEAO indique qu’en Afrique de l’Ouest, l’activité du secteur privé est restée robuste au Nigeria, soutenue par une demande accrue des consommateurs et par l’atténuation des pressions inflationnistes. Au Ghana, la dynamique de l’activité est restée positive, portée par une augmentation des nouvelles commandes.
En novembre 2025, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’UEMOA a reculé de 3,8 %. De même, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés s’est replié de 6,1 %, en raison notamment d’une offre suffisante. Au niveau des pays membres de l’UEMOA, l’activité économique a montré des signes d’amélioration en octobre 2025, attribuables à l’augmentation des activités de commerce et des prestations de services marchands et financiers.
Le taux d’inflation est ressorti à -0,5 % en novembre 2025, en hausse de 0,6 point de pourcentage (pdp) par rapport au niveau de -1,1 % enregistré le mois précédent. Les conditions appliquées par les banques à la clientèle ont baissé de 2 pdb par rapport au mois précédent, ressortant à 6,65 %, contre 7,09 % un an plus tôt.
La masse monétaire a connu une progression de 16,1 % en glissement annuel à fin octobre 2025, après une hausse de 15,0 % un mois plus tôt. Cette évolution résulte essentiellement de l’accroissement des actifs extérieurs nets (+607,6 %) et des créances des institutions de dépôt sur les unités résidentes (+4,3 %), selon la note de conjoncture.
L’inflation totalement maîtrisée
Les prévisions des indicateurs économiques renseignent qu’avec le dynamisme des activités commerciales et des services ainsi que la bonne campagne agricole, le taux d’inflation devrait s’établir à -0,2 % en décembre 2025 et +0,1 % en janvier 2026. L’évolution en décembre 2025 refléterait la poursuite de la baisse des cours mondiaux des denrées alimentaires ainsi que l’approvisionnement suffisant des marchés de l’Union en produits céréaliers, à la faveur des bonnes récoltes de la campagne agricole 2025/2026.
À noter qu’en novembre 2025, le taux d’inflation dans l’Union est ressorti, en glissement annuel, en hausse par rapport au mois précédent, mais toujours en territoire négatif. Le maintien des taux négatifs s’explique essentiellement par la poursuite de la baisse des prix des produits alimentaires. Le taux d’inflation s’est établi, en glissement annuel, à -0,5 % en novembre 2025, en progression de 0,6 point de pourcentage (pdp) par rapport au taux de -1,1 % observé en octobre 2025.
La poursuite des variations négatives du niveau des prix est essentiellement imputable à la composante « Produits alimentaires ». En effet, les prix des produits alimentaires se sont repliés de 0,5 % au cours du mois sous revue, après une baisse de 3,1 % le mois précédent. Cette évolution traduit le maintien de la tendance baissière du coût des céréales, du poisson et des légumes, du fait de l’amélioration de l’offre.
En particulier, pour les céréales, les premières estimations du Comité Inter-État de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) indiquent une progression satisfaisante du niveau de la production céréalière de la campagne 2025/2026 pour l’Union (+7,7 %). Parallèlement, l’indice des prix des produits alimentaires importés par les États membres de l’UEMOA a davantage atténué la pression sur les prix à la consommation, en accentuant son rythme baissier à 27,7 % en novembre 2025, après une diminution de 22,8 % le mois précédent.
Zoom de l’inflation dans les pays de l’UEMOA
L’examen de la dynamique des prix par pays indique que l’inflation se situe en territoire négatif dans trois pays de l’UEMOA : le Niger (-7,3 % après -8,2 %), le Burkina (-2,0 % après -4,1 %) et la Guinée-Bissau (-1,8 % contre -1,5 %). Dans les autres pays, l’inflation est ressortie positive, à savoir au Sénégal (+2,9 % contre +1,9 %), au Bénin (+1,1 % après +1,8 %), au Mali (+0,6 % contre -1,2 %) et au Togo (+0,2 % contre -0,4 %). En Côte d’Ivoire, les prix sont ressortis stables, après leur progression de 0,3 % en novembre 2025.
Le taux d’inflation sous-jacente, calculé en excluant les prix des produits frais et de l’énergie, s’est établi à 0,2 % en novembre 2025, en hausse de 0,2 pdp par rapport au niveau enregistré le mois précédent, selon la BCEAO.
Hausse des services de BTP et de la production industrielle
Il faut noter qu’une progression est enregistrée dans bon nombre de secteurs. Pour preuve, les prestations de services marchands non financiers ont progressé de 5,3 % d’un mois à l’autre, tandis que l’indice des services financiers a augmenté de 4,0 %, après une hausse de 0,7 % en septembre 2025.
Par ailleurs, dans le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP), l’enquête auprès des chefs d’entreprise fait état d’une poursuite de l’amélioration de l’activité dans l’Union, à l’exception du Mali, du Niger et du Togo. En revanche, l’indice de la production industrielle s’est contracté de 1,5 % en rythme mensuel, après une baisse de 0,8 %. En variation mensuelle, l’indice de la production industrielle, corrigé des variations saisonnières (CVS), a reculé de 1,5 % en octobre 2025.
Le fléchissement de la production industrielle résulte principalement des activités de fabrication (-1,2 point) et des activités extractives (-0,7 point), partiellement compensé par la hausse de la production et de la distribution d’électricité et de gaz (+0,3 point). La production industrielle, en glissement annuel, s’est toutefois renforcée de 4,0 % en octobre 2025, après une hausse de 6,1 % un mois auparavant. Cette dynamique est principalement due à l’accroissement des activités de fabrication (+3,2 points), des activités extractives (+0,4 point), ainsi que de la production et de la distribution d’électricité et de gaz (+0,3 point).
Par Abdul Wahab ADO


