La vision 2025-2030 va dans la bonne direction au profit de l’écosystème entrepreneurial. Ainsi, 2025 a été une année de consolidation et de croissance pour les entreprises béninoises, avec des opportunités dans les secteurs clés : l’industrie, l’artisanat et l’agriculture, qui ont affiché une forte confiance et une croissance positive. Ce résultat est le fruit de l’ambitieux Plan stratégique Vision 2025-2030, mis en œuvre par la Chambre. En balisant le chemin pour 2026, malgré des défis persistants comme l’accès au financement, la CCI Bénin entend davantage innover et élargir les marchés au profit des PME.
Le nombre total d’entreprises accompagnées par la CCI Bénin en 2025 serait plus élevé si l’on incluait toutes ses activités. Pour l’année 2025, la CCI Bénin a notamment accompagné 127 Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) dans le cadre de sa cohorte 2024-2025, et a également soutenu une vingtaine d’entreprises pour leur participation à la Foire Internationale de Lomé 2025 (FIL-2025) en fin d’année 2025. Objectif : accroître l’accès au marché des MPME conformément aux exigences réglementaires fixées par le législateur en renforçant leur compétitivité par la qualité et la traçabilité des produits.
Ces chiffres ne concernent que des programmes spécifiques (accès aux marchés, qualité, etc.). Ces chiffres montrent des actions ciblées de la Chambre au profit des entreprises. En 2025, la CCI Bénin a aussi lancé son Plan Stratégique « Vision 2025 : Impulser pour plus d’impact » et sa mandature 2025-2030, axés sur la performance des entreprises, l’accès aux marchés, la croissance, les talents et les infrastructures, avec des initiatives concrètes comme le lancement du projet PARGeQ pour la qualité, l’accompagnement des PME dans les secteurs de l’énergie propre (ProReCED), et la promotion du label « Made in Benin », tout en renforçant son rôle de leader pour le secteur privé béninois.
Prix de la Qualité et de la Performance
La salle des fêtes Le Chapiteau, à Cotonou, a servi de cadre, le vendredi 19 décembre 2025, à la cérémonie de reconnaissance des entreprises dans le cadre de la troisième édition du Prix de la Qualité et de la Performance (PQP), initiée par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin). L’événement s’inscrit dans la vision 2030 de la CCI Bénin, « Une CCI connectée à ses mandants et aux opportunités », qui ambitionne de transformer le cadre de croissance des entreprises et de renforcer leur compétitivité à l’échelle nationale, régionale et internationale. Ouvrant la cérémonie, le président de la CCI Bénin, Arnauld Akakpo, a rappelé le sens et la portée de cette initiative.
« À notre prise de fonction à la tête de la CCI Bénin, nous avons fait le choix résolu d’apporter une contribution concrète et durable à l’amélioration de la compétence des entreprises béninoises, aussi bien sur les marchés nationaux, régionaux qu’internationaux. Mais peut-on valablement parler de compétitivité sans évoquer la qualité ? Assurément non », a-t-il déclaré.
Pour le président de la CCI Bénin, « la qualité constitue aujourd’hui un pilier fondamental du processus de production des biens et services ». Elle est un puissant levier de performance, de crédibilité, de durabilité et de création de valeur pour les entreprises. À l’en croire, cette cérémonie vise à « célébrer le mérite des entreprises qui, par leur engagement constant dans la démarche qualité, créent de la valeur, renforcent la confiance et contribuent activement à l’édification d’une communauté d’affaires plus forte, plus résiliente et plus diversifiée ».
Au terme de la délibération, le grand prix de l’Excellence a été attribué à Alpha Bénin SA, entreprise spécialisée dans la production des pâtes alimentaires Matanti.
91% du taux d’amélioration des entreprises
Dans le cadre du suivi de l’évolution des entreprises béninoises, une étude approfondie est réalisée chaque année par l’Observatoire du commerce, de l’industrie et des services (Ocis), pour analyser la dynamique économique et les perspectives.
Pour l’enquête Perspectives 2025, 1 000 entreprises issues de divers secteurs et régions se sont prêtées à l’exercice, offrant ainsi un aperçu précis des réalités du terrain. Il en ressort qu’après une année 2024 semée d’embûches, 2025 s’est déroulée sous de meilleurs auspices pour les entreprises béninoises.
Entre stabilisation économique, nouvelles opportunités d’affaires et mesures incitatives, l’environnement des affaires semble prêt à amorcer un nouveau cycle de croissance. Les chefs d’entreprise affichent un optimisme prudent, misant sur une relance progressive et durable. Selon les résultats de cette enquête sur l’évolution des entreprises, l’année écoulée a été jugée moyenne par 77 % des entreprises interrogées, en raison d’une conjoncture économique morose émanant de différentes crises mondiales. Les secteurs de l’industrie (66 %), de l’artisanat (61 %) et des services (57 %) ont été particulièrement affectés.
Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance, notamment la cherté de la vie, la baisse des ventes, l’accès limité aux marchés publics, la fermeture de la frontière Bénin-Niger et la dévaluation du naira et du cedi. Côté chiffre d’affaires, la tendance est à la baisse. 68 % des entreprises ont déclaré une stagnation ou une régression de leurs revenus.
Les secteurs les plus touchés sont les services (47,2 %), l’artisanat (39,5 %) et le commerce (38,2 %). En parallèle, la situation financière des entreprises s’est dégradée, avec 75 % d’entre elles signalant des difficultés, surtout dans les services et le commerce. Pour beaucoup, cela s’est traduit par une réduction des effectifs, une baisse des investissements et une difficulté accrue à honorer leurs engagements financiers.
Quid de l’accès au financement ?
Parmi les obstacles majeurs rencontrés, l’accès aux institutions financières est cité par 39 % des entreprises comme un frein important à leur développement. Pourtant, 56 % des entreprises interrogées n’ont pas sollicité de prêts ces trois dernières années, souvent en raison de procédures complexes, de garanties trop élevées ou de taux d’intérêts jugés défavorables.
De plus, les Petites et moyennes entreprises (Pme) et les Très petites entreprises (Tpe) restent les plus vulnérables face à cette contrainte, ayant un accès plus restreint aux mécanismes de soutien financier existants. Cette situation limite leur capacité d’innovation et de développement à long terme. Malgré ces difficultés, 91 % des entreprises se montrent confiantes quant à l’avenir, estimant que l’activité économique en 2026 sera bonne ou très bonne.
Ce regain d’optimisme repose sur plusieurs facteurs, dont la stabilisation des réformes économiques, la relance de certains marchés d’exportation et la diversification des sources de financement. L’augmentation attendue des investissements et du recrutement, traduit une volonté de rebondir. Les entreprises comptent également sur la mise en place de mesures incitatives par l’État qui ne cesse de multiplier les initiatives pour garantir un climat des affaires favorable.
Entre autres mesures incitatives, une meilleure fluidité dans l’accès aux marchés publics, des allègements fiscaux ciblés et un renforcement des dispositifs de formation et d’accompagnement technique. L’année 2026 s’annonce donc sous le signe de la relance, avec une économie qui devra relever les défis structurels tout en capitalisant sur les opportunités émergentes. La capacité des entreprises à s’adapter et à innover sera déterminante pour concrétiser ces perspectives prometteuses.
Par Belmondo ATIKPO

