La quatrième session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) s’est tenue ce lundi 29 décembre 2025 à l’Agence Principale de la BCEAO à Cotonou, en République du Bénin. Cette session a été présidée par Monsieur Aboubacar Nacanabo, Ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso. Au cours de cette rencontre, plusieurs décisions importantes ont été adoptées, notamment la révision à la baisse du taux d’usure applicable aux banques.
Les responsables de haut niveau des institutions de l’UEMOA poursuivent les réformes pour renforcer la stabilité macroéconomique, consolider la convergence des politiques économiques et assurer le bon fonctionnement des organes et institutions de l’Union. C’est dans cette dynamique que diverses décisions ont été adoptées lors de cette quatrième session ordinaire du Conseil des Ministres de l’UEMOA.
Au cours de cette dernière rencontre statutaire pour le compte de la BCEAO, le Conseil a approuvé la décision relative à la révision du taux d’usure en vigueur dans l’Union. À cet égard, le taux d’usure applicable aux banques a été révisé à la baisse, passant de 15 % à 14 %, tandis que le taux de 24 % est maintenu pour les institutions de microfinance, les établissements de crédit et les autres agents économiques.
Après plus d’une décennie d’application, il est apparu nécessaire de réviser ce taux afin de l’adapter aux évolutions intervenues dans le système bancaire et financier de l’Union. Cette révision, qui entrera en vigueur le 1er juin 2026, vise à assurer un meilleur alignement des plafonds réglementaires avec l’environnement économique des institutions financières, à renforcer l’inclusion financière, à soutenir le financement de l’économie et à garantir une protection adéquate des consommateurs de l’Union.
Le Conseil des Ministres de l’UEMOA a également adopté, au titre de la BCEAO, le rapport sur la situation économique et monétaire de l’UEMOA au 30 septembre 2025, ainsi que le cadrage macroéconomique de l’Union pour la période 2025-2030. Selon le communiqué final, ces documents fournissent des informations sur les performances économiques et financières des États membres, afin de formuler des recommandations pertinentes de politique économique.
Les Ministres ont également approuvé les perspectives financières actualisées 2026-2030 de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), qui définissent des objectifs d’activités et des conditions d’intervention permettant à l’institution de préserver ses équilibres financiers.
Pour ce qui concerne la Commission de l’UEMOA, le Conseil a adopté le rapport d’exécution de la surveillance multilatérale au titre du deuxième semestre 2025, fournissant les tendances relatives aux perspectives macroéconomiques à moyen terme et des analyses sur la transformation des économies des États membres.
Cette dernière session de l’année 2025 a également permis aux responsables des institutions de l’Union d’entériner le règlement portant collectif budgétaire au titre de l’exercice 2025, ainsi que le budget des organes de l’Union pour l’exercice 2026.
Il faut signaler que les Ministres ont approuvé le rapport de la Cour des Comptes de l’Union au titre de l’exercice 2024, organe chargé d’assurer la fiabilité des états financiers des institutions de l’Union.
En conclusion, le Conseil a adopté la décision révisée portant instauration d’une indemnité annuelle de fonction pour les membres du Collège de l’Autorité des Marchés Financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA).
Dans son allocution de clôture, Dr Aboubacar Nacanabo a invité tous les acteurs à faire de l’Union un moteur de développement, de stabilité et de prospérité pour les peuples de la région.
Les enjeux de 2026
À l’ouverture des travaux de cette dernière session ordinaire du Conseil des Ministres de l’UEMOA, le président du Conseil, Aboubacar Nacanabo, a présenté les grandes orientations économiques de l’Union pour l’année 2026.
Malgré une conjoncture marquée par des signaux positifs en matière de stabilité monétaire et de croissance, le Conseil reconnaît la persistance de défis majeurs : insécurité régionale, tensions géopolitiques, effets du changement climatique et pressions sociales accrues.
Face à ces enjeux, Aboubacar Nacanabo a identifié trois leviers prioritaires pour renforcer la résilience économique de l’Union. Il s’agit de l’’audace dans les réformes ; la solidarité entre États membres et la discipline dans les politiques publiques.
Le président du Conseil a appelé à un changement de rythme pour l’Union : « L’Union a démontré qu’elle sait réussir. Désormais, elle doit accélérer, innover et oser davantage pour offrir à nos peuples stabilité, prospérité et espoir partagé. » Il a également rappelé que l’UEMOA doit inscrire son action dans une logique de transformation structurelle afin d’améliorer la compétitivité des économies membres et de renforcer leur capacité d’adaptation aux crises.
Les conclusions attendues devraient orienter la feuille de route économique et budgétaire de l’UEMOA en 2026, avec l’ambition de consolider une intégration régionale plus opérationnelle, inclusive et tournée vers la croissance.

