Les 16 et 17 octobre 2025, le Cluster Digital Africa (CDA) a organisé la 3ᵉ édition du Sommet Inter-régional du Numérique en Afrique, (SIN AFRICA 2025), entièrement en ligne, autour du thème : « L’Afrique à l’ère de l’Intelligence Artificielle : Opportunités, Souveraineté et Coopération ». Cette rencontre panafricaine de haut niveau a été suivie du Sommet dédié aux Banques et à la Finance Numérique (SDBMF-Africa 2025).
À l’heure où l’Intelligence Artificielle redéfinit les rapports de puissance, de compétitivité et de souveraineté, les acteurs africains du numérique cherchent à structurer une réponse collective. C’est dans ce contexte que le Cluster Digital Africa a réuni, en octobre 2025, des décideurs et experts autour des enjeux stratégiques de l’IA sur le continent. Réunissant décideurs publics, experts, universitaires, dirigeants d’entreprises et leaders de la diaspora africaine, le sommet a permis de croiser les regards sur les mutations induites par l’IA et les réponses à construire pour en faire un levier de développement et de résilience pour l’Afrique. Les échanges ont mis en lumière une lecture partagée et rappelé que le principal défi de l’Intelligence Artificielle en Afrique ne relève pas de la technologie, mais des cadres juridiques, financiers et géostratégiques. En l’absence de dispositifs africains solides, les données du continent continuent d’être collectées, exploitées et valorisées hors d’Afrique, avec des implications directes sur la souveraineté numérique et économique.
Face à ce constat, les participants ont souligné la nécessité de renforcer la gouvernance africaine des données, de promouvoir une IA éthique et inclusive, adaptée aux réalités locales, et de structurer des partenariats plus équilibrés avec les acteurs internationaux.
Trois secteurs ont été identifiés comme prioritaires pour l’application de l’IA. Dans l’éducation, l’accent a été mis sur la formation massive aux compétences numériques et la montée en compétence des formateurs africains. En santé, les discussions ont porté sur la télémédecine, le diagnostic assisté par IA et l’optimisation des systèmes de soins. En agriculture, l’IA apparaît comme un outil au service de la prédiction climatique, de la sécurité alimentaire et de la résilience face aux chocs environnementaux. Ces transformations supposent toutefois une maîtrise locale du financement, de la gouvernance et des usages de l’IA.
Le rôle des banques et des institutions financières a occupé une place centrale à travers le Sommet dédié aux Banques et à la Finance Numérique. Les travaux ont insisté sur la bancabilité des projets IA, le financement structuré de l’innovation, la transparence financière et l’inclusion financière par la technologie. Les banques africaines sont appelées à soutenir des projets à fort impact économique et social et à s’inscrire durablement dans l’écosystème IA.
Les travaux ont débouché sur plusieurs perspectives, notamment le lancement de projets pilotes en Intelligence Artificielle, la mise en place de mécanismes de financement dédiés, le renforcement des partenariats institutionnels et la préparation de SIN AFRICA 2026, annoncée avec un accent sur les résultats et les retours d’expérience.
S.T.

