Le projet de loi de finances, gestion 2026, présenté devant la commission budgétaire jeudi 20 novembre 2025, prend en compte une batterie de mesures à sensibilité sociale. Le projet de loi de finances pour la gestion 2026 s’équilibre en ressources et en charges à 3 783,984 milliards de FCFA contre 3 551,005 milliards de FCFA en 2025, correspondant à 6,6 % d’accroissement. Composé du budget de l’État et des opérations de trésorerie, il ressort en hausse de 232,979 milliards de FCFA. Le déficit budgétaire prévisionnel en 2026 ressortirait à 2,7 % du PIB contre 2,9 % attendu à fin décembre 2025.
Pour la gestion 2026, les orientations budgétaires du Gouvernement s’inscrivent en continuité avec pour finalités plus d’égalité des chances et équité sociale dans la répartition des fruits de la croissance économique. A ce titre, la politique d’allocation vise à assurer l’accélération de la mise en œuvre des engagements découlant des objectifs de développement durable (dont la réduction des inégalités liées au genre, la préservation de la planète contre les effets du changement climatique, la promotion de l’emploi, etc.). Au plan budgétaire, les ratios (dépenses de personnel/PIB), (dépenses de transfert/PIB) et (dépenses d’investissement/PIB) passeraient respectivement de 4,5%, 3,9% et 7,1% attendus en 2025 à 4,2%, 3,8% et 7,9% en 2026. Cela reflète la volonté de l’Etat de maintenir des choix budgétaires durables en faveur des mesures à fort impact social.
Globalement, en matière de politique sociale, l’Etat poursuivra l’extension des filets sociaux et le progrès vers l’atteinte des ODD. L’objectif est de faire bénéficier les fruits de la croissance au plus grand nombre possible et d’améliorer les conditions de vie des populations, notamment les plus vulnérables. A cet effet, la dynamique d’extension du Programme « Assurance pour le Renforcement du Capital Humain » et du Programme de nutrition, les mesures de gratuité de la césarienne, la prise en charge de certaines affections cardiologiques et les autres mesures sociales seront poursuivies et renforcées. Il en sera de même pour les cantines scolaires, l’accès à l’eau portable, les microcrédits, etc.
Affaires sociales
Plus spécifiquement, en ce qui concerne les affaires sociales, pour la gestion 2026, l’État poursuit l’amélioration du bien-être des couches vulnérables. Pour ce faire, les priorités sont, entre autres : l’accroissement des capacités productives des ménages vulnérables à travers le programme de filets de protection sociale productifs GBESSOKE ; la construction et l’équipement de plusieurs centres spécialisés, notamment le centre social des aveugles, le centre de formation professionnelle des personnes handicapées et le centre d’accueil et de transit des enfants ; l’amélioration des conditions d’accès des femmes à la propriété foncière productive, aux filières porteuses, aux matériels agricoles mécanisés et aux intrants dans les communes ; la mise en place d’un dispositif de refinancement des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) avec des ressources adaptées à leur besoin de financement à moyen et long termes, à travers leur intégration dans le dispositif ARCH ; etc.
Énergie, eau et mines
Dans le secteur de l’énergie, de l’eau et des mines, l’État assure équitablement l’accès aux services énergétiques modernes, à l’eau potable, à la valorisation de l’eau, des ressources minières et pétrolières, des terres et des ressources connexes. Pour ce faire, les priorités pour 2026 porteront sur : la poursuite de l’installation de centrales thermiques bicombustibles d’une capacité totale de 240 MW ; la poursuite de la construction de centrales solaires photovoltaïques de capacité totale additionnelle de 125; l’électrification de nouvelles localités par raccordement au réseau ; la poursuite du renforcement des systèmes d’alimentation en eau potable des sept (07) villes non couvertes et de soixante (60) villes partiellement desservies par la SONEB ; la promotion des potentialités en hydrocarbures des bassins sédimentaires du Bénin ; etc.
Santé
Dans le domaine de la santé, l’État ambitionne de garantir à tous une bonne santé pour la promotion du bien-être des populations selon le cycle de vie. Pour atteindre cet objectif, il s’agira en priorité : la promotion des potentialités en hydrocarbures des bassins sédimentaires du Bénin ; etc. de renforcer la qualité des services de soins de santé primaires et de poursuivre la lutte contre les maladies prioritaires (Paludisme, VIH Sida et la tuberculose), les maladies non transmissibles, les hépatites, les maladies tropicales négligées ; de renforcer la capacité de production des institutions de formation des professionnels de santé au Bénin (INMeS et IFSIO) ; d’améliorer la disponibilité des produits de la planification familiale, de la santé sexuelle et reproductive ; de mettre en œuvre le Système d’Information Hospitalier (SIH) dans tous les hôpitaux publics ; d’élaborer et de mettre en œuvre la stratégie nationale de développement de la santé numérique intégrant les m-health ; etc.
Sports
Dans le domaine des sports, le Gouvernement axe sa politique en 2026 sur le développement du sport, des loisirs sains et l’encadrement socio-éducatif des jeunes. Son opérationnalisation passe par les priorités suivantes : la poursuite de la construction/réhabilitation des stades de haut standing dans toutes les communes et départements du Benin (Parakou, UNAFRICA, René PLEVEN, Mathieu KEREKOU, académies régionales, académie de tennis, académie de football féminin, autres stades de départements et de communes) ; l’élargissement des classes sportives dans toutes les disciplines en milieu scolaire ; le renforcement des capacités des acteurs du mouvement sportif national (Mise en place des Directions Techniques Nationales (DTN), formations des coachs, encadreurs, etc.) ; le développement du Projet Jeunesse, Paix et Sécurité ; la valorisation des loisirs modernes et endogènes sains ; etc.
Infrastructures de transport et du cadre de vie
Au niveau des infrastructures de transport et du cadre de vie, la politique de l’Etat vise un Bénin vert, un cadre de vie assaini, attrayant avec un système de transport multimodale économiquement performant. Pour ce faire, les priorités porteront sur : l’élargissement des classes sportives dans toutes les disciplines en milieu scolaire ; le renforcement des capacités des acteurs du mouvement sportif national (Mise en place des Directions Techniques Nationales (DTN), formations des coachs, encadreurs, etc.) ; le renforcement du dispositif de coordination des interventions des structures déconcentrées ; l’amélioration du Système d’information Statistique du Ministère du Cadre de Vie et des Transports (MCVT) ainsi que du dispositif de suivi et d’évaluation des interventions du secteur, y compris celui de passation des marchés publics ; l’accélération des procédures de mise en application du cadre législatif et réglementaire lié à la gestion de l’environnement, des changements climatiques et des ressources naturelles ; la poursuite de l’aménagement, de la réhabilitation et de la construction du réseau routier pour connecter les 77 chefs-lieux de communes ; le renforcement de la mobilité des personnes par la promotion du mode de transport urbain collectif et l’assainissement des zones construites par le système de drainage des eaux pluviales ; etc.
Enseignements maternels et primaire
Au niveau des enseignements maternel et primaire, l’État axe sa politique sur l’amélioration du management stratégique du sous-secteur, l’atteinte d’une scolarisation primaire à tous les enfants et l’amélioration de la qualité des enseignements. A cet effet, l’Etat veille : au reversement des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) en Agents Contractuels de Droit Public (ACDP) ; à la modernisation et fiabilisation du système de collecte, de traitement et de diffusion de l’information statistique par l’opérationnalisation du Système d’Information de Gestion de l’Education (SIGE) ; à la poursuite du renforcement de capacités des enseignants sur les nouveaux curricula d’études issus de la réforme de la qualité ; à la poursuite de la mise en œuvre des programmes d’alimentation scolaire (Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI), Programme d’Appui au Système Educatif Béninois (PASEB) et autres); à la poursuite de la mise en œuvre du Projet de Renforcement de la Qualité des Enseignements Maternel et Primaire (PREQEP) ; etc.
Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle
Dans le domaine des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, la politique de l’État en 2026 vise à favoriser la formation et l’éducation, la disponibilité d’un capital humain suffisant, de qualité et compétitif. Pour ce faire, les priorités concernent, entre autres : la poursuite de l’encadrement pédagogique des enseignants des établissements de l’Enseignement Secondaire Général (ESG) et de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) ; la sécurisation des domaines des Collèges et Lycées d’ESG ; la poursuite de l’extension de la mesure d’exonération des frais d’inscription aux élèves filles du second cycle de l’ESG ; le renforcement des actions relatives aux alternatives éducatives ; le développement et la mise en œuvre des initiatives pour l’introduction des langues nationales dans le système éducatif formel ; etc.
Enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, la politique de l’État sera focalisée sur la promotion d’un enseignement supérieur axé sur la professionnalisation et une recherche scientifique centrée, entre autres, sur les savoirs endogènes et l’innovation.
A cet effet, les points d’application de cette politique sont relatifs, entre autres, à : la sécurisation des domaines des Collèges et Lycées d’ESG ; la poursuite de l’extension de la mesure d’exonération des frais d’inscription aux élèves filles du second cycle de l’ESG ; la poursuite du recrutement des assistants en position probatoire au profit des Universités Publiques grâce au dispositif du Fichier National des Aspirants à l’Enseignement Supérieur (FNAES) ; la poursuite des chantiers de construction des infrastructures administratives, pédagogiques et de recherche avec l’Agence de Construction des Infrastructures du Secteur de l’Éducation (ACISE) ; la mise en place d’une plateforme de gestion intégrée des activités des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES) ; le renforcement du partenariat public-privé pour le développement de la recherche et de l’innovation ; la poursuite de la digitalisation de l’ensemble des processus d’attribution et de paiement des allocations aux étudiants par la Direction des Bourses et Aides Universitaires (DBAU) ; etc.
Englobant toutes les initiatives et activités à impact social réalisées par le Gouvernement pour soutenir la réussite sociale et économique collective, les Dépenses à Sensibilité Sociale (DSS) sont relevées à 1 233,260 milliards de FCFA 2026 contre 1 101,700 milliards de FCFA 2025.
Ainsi, pour l’année 2026, les dépenses à sensibilité sociale rapportées au budget général, s’établissent à 42,0% contre 41,5% en estimation à fin décembre 2025.

Falco VIGNON

