La quatorzième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce se tiendra du 26 au 29 mars à Yaoundé. L’Afrique et les pays en développement espèrent que les décisions sur le commerce électronique, la durabilité environnementale et la réforme de l’organisation refléteront leurs besoins et aspirations.
A l’Organisation mondiale du commerce (Omc), les discussions menées, les 28 et 29 janvier dernier à Genève, ont mis en lumière l’importance du commerce numérique pour les économies africaines. Les Membres ont examiné deux propositions : l’une portée par le Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Acp), l’autre par les Etats-Unis et plusieurs co-parrains, en prélude à la quatorzième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce qui se tiendra du 26 au 29 mars à Yaoundé au Cameroun.
« Il est essentiel de dégager des éléments reflétant les aspirations collectives des Membres, en particulier celles des pays en développement », a souligné l’ambassadeur Richard Brown de la Jamaïque, facilitateur du Programme de travail sur le commerce électronique.
Le moratoire sur l’imposition de droits de douane sur les transmissions électroniques reste au centre des débats. Pour de nombreux pays en développement, prolonger ce moratoire peut « faciliter l’accès aux biens numériques et services innovants », tout en préservant la prévisibilité des échanges. Certains diplomates mettent toutefois en garde contre son impact potentiel sur les recettes fiscales nationales.
Environnement et plastiques
La Cm14 abordera aussi des enjeux environnementaux majeurs. Les Discussions structurées sur le commerce et la durabilité environnementale (Tessd) ont préparé un paquet de résultats comprenant un communiqué ministériel et des documents techniques sur les mesures climatiques liées au commerce, les biens et services environnementaux, l’économie circulaire et l’impact des subventions.
Pour l’ambassadeur Ronald Saborío du Costa Rica, co-convocateur du Tessd : « Nous avons un ensemble de résultats substantiels dont nous pouvons être fiers », reflétant cinq années de dialogue technique entre 79 membres.
Parallèlement, le Dialogue sur la pollution par les plastiques vise à finaliser un projet de déclaration ministérielle pour définir des solutions commerciales concrètes contre la pollution plastique.
Réforme de l’Omc et perspectives africaines
La directrice générale de l’Omc, Ngozi Okonjo-Iweala, appelle les Membres à faire preuve de « nerfs solides » face aux tensions commerciales et à poursuivre la réforme de l’organisation. Lors du Forum économique mondial tenu du 19 au 23 janvier à Davos (Suisse), elle a souligné que « le commerce des services et le commerce vert connaissent la croissance la plus rapide », et que l’intelligence artificielle pourrait réduire les coûts du commerce tout en renforçant la productivité.
Pour l’Afrique, la Cm14 est plus qu’un débat technique : elle constitue un test de la capacité des pays à peser dans la gouvernance mondiale et à défendre des règles équitables, intégrant les dossiers numériques et environnementaux dans une vision cohérente du développement.
Une nouvelle réunion est prévue début mars à Genève pour rapprocher les propositions et préparer les textes ministériels. Les décisions de Yaoundé devront trouver un équilibre entre innovation, fiscalité, durabilité et développement, afin que les économies africaines et les pays les moins avancés puissent pleinement bénéficier de la numérisation des échanges et des opportunités commerciales mondiales.
Par Aké MIDA

